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André Nzapayéké : jeter les bases de la création de richesses en Centrafrique

Le chef du gouvernement de transition de la République Centrafricaine de passage à Paris a rencontré, discuté et échangé avec les membres de la diaspora de son pays

 

Venant d’Ankara en Turquie et en transit pour Bangui (RCA), le Premier ministre centrafricain à rencontrer les membres de la Diaspora centrafricaine dans la capitale française. Le but était de se démarquer de l’ancienne transition qui n’a jamais souhaité rencontrer les compatriotes et aussi de prendre le pouls de la situation. Cette démarche s’inscrivait aussi en droite ligne, du devoir de transparence d’impulser par la présidente de la Centrafrique lors de son dernier passage dans la capitale française. Au fil des jours et des mois, les Centrafricains ont besoin que leurs dirigeants leur parlent, leur disent ce qui se passe et répondent à leur questions.

 


© luidor N./journaldebangui.com
Le premier ministre centrafricain s'adresse à ses compatriotes de Paris
A ce jeu, le Premier ministre n’a pas fait dans la langue de bois. Accompagné de quelques ministres de la transition, M. Nzapayéké a essayé d’apporter des réponses franches aux préoccupations des Centrafricains de la diaspora centrafricaine. Il y est allé avec des annonces fortes, des reproches, des supplications, des accusations, des coups de gueules aussi, et autre rappel à l’ordre. Ainsi aux questions des compatriotes concernant tous les domaines de la vie en Centrafrique, le PM a reconnu que son gouvernement a ses faiblesses et qu’il y va de la responsabilité de tout un chacun d’apporter sa contribution à la construction d’un Etat aujourd’hui en déliquescence. « Souvent la population a tendance à ignorer que la Centrafrique est un Etat néant » a-t-il rappelé. « Mais ce ne sont pas des élément suffisants pour que nous prenions les armes. On a plus besoin de tirer un coup de feu en Centrafrique pour se faire entendre, » précise le chef du gouvernement de transition. Il affirme être conscient de ce que le rythme avec lequel le gouvernement s’investi rend les populations impatientes, car elles veulent voir les résultats immédiats. C’est la raison pour laquelle lui et son équipe demandent à TOUS de donner une chance à la transition que dirige Mme Samba Panza, car quoi qu’il se passe, la Centrafrique n’échappera pas au principe de la transition. C’est-à-dire tout faire pour mener le pays à des élections libres et transparentes. Après quoi, le PM a annoncé qu’ils s’en iront. Politiquement réaffirme-t-il lui et son chef hiérarchique n’ont aucun n’adversaire parce qu’ils ne sont candidats à aucune élection, répondant ainsi aux nombreuses allusions des uns et des autres prêtant à l’exécutif intérimaire de vouloir s’accrocher.

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Ainsi si rien n’est fait, la situation sécuritaire du pays ne risque pas de s’arranger. L’Objectif du gouvernement reste de rassembler et c’est ce qui explique la présence du PM et des membres de son gouvernement, ainsi que la convocation de cette réunion du Méridien Palace de Paris. Le but de toute activité aujourd’hui est d’œuvrer à court terme pour jeter les bases de la création de la richesse en Centrafrique. Car cette crise est celle de la pauvreté que les belligérants se cachent derrière la question religieuse. Le Pm centrafricain accuse ces « nababs » qui entretiennent l’insécurité dans Bangui en envoyant des hordes de jeunes semer la panique au sein de la population et commettre toutes les exactions connues : vols, viols, voir assassinats, attaques, cambriolages etc. et si d’aventure il y aurait un homme politique derrière ces actions « alors se serait un grand criminel, et il faut le dénoncer» a martelé le PM.

 


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A long terme, «le devoir de l’état c’est de créer l’emploi, c’est de créer la richesse, pour détourner les jeunes enfants de ce chemin. Il faudrait relancer l’économie et le gouvernement ne le fera pas tout seul. Voilà la position de l’Etat. Or, même s’il n’y avait pas de crise, en période préélectorale, quel que soit le pays, les investisseurs hésitent à investir. Alors, l’appel a été lancé aux nationaux présents dans la salle à prendre les risques : « n’hésitez pas ! » a exhorté le PM « inviter les nationaux qui ont un peu de moyens à faire ce geste-là, à investir chez eux » recommande le chef du gouvernement.

 


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Pour renforcer l’efficacité du gouvernement sur cette question, le Pm a annoncé la réforme de la gestion des finances publiques, que le gouvernement essaie de mener avec l’instauration du Guichet unique à Béloko, le renforcement de la gestion du trésor, et aussi, la lutte contre la corruption. Pour cela, le gouvernement compte aussi sur tous, ceux de la diaspora et ceux qui veulent investir, faire les papiers (documents officiels, de voyages, régularisation des situations…) « s’il vous plaît faites tout pour respecter les règles bonne gouvernance, … contribuons tous, mobilisons-nous contre ce fléau» a supplié le chef du gouvernement intérimaire.

 


© luidor N./journaldebangui.com
L’essentiel de ce que le gouvernement fait en ce moment c’est la réconciliation. « Il n’y aura pas de réconciliation en Centrafrique sans justice ». Les anti-balaka militaires sont exhortés à se réconcilier avec l’Etat, avec la nation centrafricaine, même s’ils sont les auteurs, commanditaires des nombreuses exactions répertoriées pas les diverses associations des droits de l’homme à Bangui et dans l’arrière-pays. « Ceux qui ont fait du tort à l’Etat centrafricain doivent accepter de passer par la justice…. C’est le seul moyen de payer sa dette et de se racheter auprès des nombreuses victimes. » La réconciliation interpelle d’avantage les musulmans et les non musulmans et cette question doit être réglée au plus tôt. Auquel cas de l’avis du PM, ce sera la dérive et le pays courra à sa perte. Pour lui, toute forme de discrimination est banni au sein du gouvernement « un des inspecteurs d’Etat sera nommé » pour surveiller de près tout ce qui dans les textes de l’Etat appellerait à une quelconque exclusion d’un groupe de la nation centrafricaine.

A propos du retour des réfugiés externes et des déplacés internes. Un recensement a été lancé, pour sécuriser les biens. Le PM demande aux uns et aux autres de faire attention à l’acquissions de biens immobiliers en Centrafrique, à l’adoption des enfants, des parcelles de terre… « Faites extrêmement attention à ne pas être des receleurs des biens des personnes que l’on a forcé à partir ! » a prévenu le PM notamment dans le, 7ème 8ème arrondissement, à Begoua ou encore dans le quartier de Miskine.

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Le PM n’a pas hésité à revenir sur les relations avec les pays limitrophes et le Soudan où il a récemment effectuer une visite. C’est une démarche hautement diplomatique dans la mesure où la Centrafrique partage une frontière des plus délicates avec ce pays. Il s’agissait pour le gouvernement centrafricain de resserrer les liens pour éviter la partition du pays, la RCA n’a jamais eu de guerre avec le soudan, car ce sont des individus qui viennent créer la zizanie dans le pays et pas le régime soudanais. Au soudan, il a entendu que le président Béchir avait à lui dire, « tous les Soudanais sont prêts à nous aider fortement, à renforcer nos forces de défense et de sécurité, à nous aider dans le domaine du renseignement, à aider dans le renforcement du contours de la frontière,» car c’est dans leur intérêt également. La Centrafrique collabore avec le soudan sur la tripartite Birao. La priorité pour le gouvernent est de garder de bonnes relations avec tous les voisins de la Centrafrique « idem pour le Tchad » qui a récemment fermé sa frontière. C’est une obligation pour la Centrafrique et ses dirigeants de ne pas jouer sur les accords avec les pays voisins. D’ailleurs « ma prochaine mission, j’irais au Tchad parce que nous ne sommes pas en guerre avec le Tchad » a annoncé le PM. Donc ce n’est pas le gouvernement soudanais qui envoie des compatriotes déranger les Centrafricains, ce sont des trafiquants divers qui sont là dans une zone de non droits. « Nous ne pouvons pas nous permettre d’orchestrer des couacs avec nos pays limitrophes, y compris la RDC et la Cameroun » a conclu le PM.

Pour l’occasion, d’autres questions et réponses ont porté sur le réarmement ou pas des Faca, la réconciliation et la justice, la délivrance des passeports et autre titre de voyage par l’ambassade de Centrafrique en France, l’application de la feuille de route et ses effets, la future table ronde de Brazzaville pour un véritable dialogue inclusif centrafricain, le traitement et la gestions des nombreuses compétences centrafricaines éparpillées à travers le monde, les rapports de force entre les personnalités de l’exécutif centrafricain, le futur remaniement, un plan Marshall pour la RCA ? etc.


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