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Centrafrique: «ils doivent tous partir ou mourir»

Cíest le titre du rapport de 87 pages que vient de rendre public la Fédération internationale des Droits de líHomme (FIDH) sur la crise centrafricaine

 

Des crimes de guerre et des crimes contre líhumanité ont été perpétrés en République centrafricaine (RCA) et continuent de líêtre.
Cíest ce que démontre le rapport rendu public les différentes organisations rattachées à la Fédération internationale des Droits de líHomme sur la crise centrafricaine. Ce rapport fait suite à plusieurs missions díenquête menées en RCA et établit les responsabilités des parties au conflit, à savoir les anti-balaka et les Séléka. La présidente de transition de Centrafrique vient de saisir la Cour pénale internationale (CPI) et a, il y a peu, créé une Cellule spéciale díenquête et díinstruction (CSEI). Nos organisations se félicitent de ces avancées en faveur de la lutte contre líimpunité pour lesquelles elles avaient plaidé, et appellent les autorités centrafricaines et la communauté internationale a soutenir les enquêtes de la CSEI et de la CPI.

 


© fidh
La photo de couverture du rapport
Le rapport, intitulé «Ils doivent tous partir ou mourir», dénonce également un conflit qui prend ses sources dans líimpunité des crimes du passé, en raison de líincapacité des justices nationale et internationale à juger les plus hauts responsables de ces crimes et qui sont ainsi aujourdíhui au cúur du conflit actuel. «Cíest un conflit politico-ethnique pour le contrôle du pouvoir qui a progressivement pris une dimension religieuse. Ceux qui donnent les ordres aujourdíhui sont en train de se rendre responsables díune épuration et de commettre des crimes internationaux dont ils devront rendre compte» a déclaré Me Mathias Morouba, vice-président de líOCDH.

Depuis le 5 décembre 2013 et leur offensive sur la capitale Bangui, les anti-balaka attaquent systématiquement les civils, en particulier musulmans. Plus díune vingtaine díenclaves regroupant entre 15 000 et 20 000 musulmans sont actuellement assiégées par les milices anti-balaka qui ont profité du repli stratégique des ex-Séléka dans le nord et líest du pays, où ces derniers continuent de perpétrer des violations graves des droits humains et des crimes internationaux.

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Parmi les Séléka, les responsabilités présumées de líex-président Michel Djotodia, de son chef des renseignements, Noureddine Adam ou encore du chef de milice soudanais Janjawid, le général Moussa Assimeh semblent établies au regard des éléments réunis dans le rapport. La présence parmi les Séléka díAbdoulaye Miskine, de son vrai nom Martin Koumtamadji, ancien chef de la garde présidentielle sous le régime du président Ange-Félix Patassé et responsable présumé du massacre du marché à bétail de PK12 à Bangui en 2002, démontre à quel point le conflit actuel en Centrafrique est aussi un « conflit de líimpunité ».

Du côté des anti-balaka, les enquêtes menées ont permis díétablir la présence et líactivisme de très nombreux officiers des Forces armées centrafricaines (FACA) et des personnalités proches du président déchu, François Bozizé. Les instructions données, les revendications énoncées et les actions menées par les anti-balaka visent pour la plupart à provoquer un chaos sécuritaire, humanitaire et politique afin de faciliter le retour de líancien président sur la scène politique centrafricaine sous le prétexte de « moi ou le chaos ».

«La communauté internationale doit soutenir les forces africaines, françaises et bientôt onusiennes pour mettre un terme à ces crimes, protéger la population civile et traduire en justice les responsables de ces crimes» a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH.

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LE RAPPORT ESTDISPONIBLE ICI


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