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Des ex-séléka fuient la ville de Bambari pour échapper aux mesures de confiance

Des désertions sont signalées dans les rangs des ex-Séléka à Bambari depuis que l’application des mesures de confiance leur est imposée.

 

Plusieurs éléments auraient quitté la ville de Bambari pour des villages et villes environnants afin d’échapper à ces mesures. « L’application des mesures dites de confiance est en train de mettre les ex-Séléka en débandade » a confié une source religieuse à la rédaction de Centrafrique Libre, hier matin.

Selon la même source, l’Etat-major des ex-Séléka a Bambari s’est impliqué pour le respect de ces mesures qui exigent le cantonnement des éléments de l’ex-coalition. « Ils ne veulent pas se faire cantonner et laisser leurs armes au camp lorsqu’ils sortent, voilà pourquoi, ces rebelles ont choisi de fuir parce que sans armes, ils ne sont rien » a confié un habitant de Bambari joint ce matin par Centrafrique Libre.

Il faut rappeler que les éléments de la force Sangaris sont décidés à appliquer ces mesures depuis qu’une mission conjointe, gouvernement centrafricain, ambassade de France à Bangui et l’Union Européenne s’est rendue à Bambari.

Cette mission avait exigé l’application de ces mesures. Le lendemain, des affrontements entre la force Sangaris et les ex-Séléka ont été signalés. Deux jours après, un groupe d’ex-Séléka a été réduit en poussière par l’hélicoptère français. Selon des témoignages parvenus à la rédaction de Centrafrique Libre, les réactions fortes des éléments Sangaris de Bambari ont contraint l’État-major de l’ex coalition à l’application pure et simple de ces mesures.

Joint ce matin, le chef d’Etat-major de l’ex-Séléka, le général Jospeh Zoundeko s’est dit favorable à l’application. Ce dernier a même confié qu’il est en train de sensibiliser ses hommes pour que ces mesures ne souffrent d’aucune entorse. Selon Jospeh Zoundeko, « les ex-Séléka ont accepté de se plier et de respecter les mesures de confiance.

Les ex-Séléka seront cantonnés. Un suivi sera fait sur cette question. Il n’y aura plus d’ex-Séléka armés dans la ville. Les sorties avec armes seront autorisées et elles se feront sur ordre de mission que je devrais désormais délivrer si je juge que des hommes doivent descendre sur le terrain ».

 


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Mais des sources indépendantes font état de ce que, plusieurs éléments des ex-Séléka ont quitté la ville après la tenue d’une réunion présidée par le chef d’État-major le mardi matin au centre-ville de Bambari. « Selon l’information que j’ai sur cette réunion, le général qui est considéré comme chef d’Etat-major de l’ex-Séléka, a demandé ce matin à ses éléments de suivre les mesures de confiance mais beaucoup ont refusé en estimant qu’en cas d’application comme veulent les Français, les antibalaka allaient entrer dans la ville pour les attaquer. Comme l’Etat-major a persisté, ceux-là ont décidé de partir. Ils sont aux alentours de la ville de Bambari » a expliqué une ancienne autorité locale de Bambari.

De sources religieuses, des villages ont été pris en otage et pillés par des ex-Séléka en fuite pour échapper à l’application des mesures de confiance « la population du Pk 15 de Bambari a fui pour rentrer dans la ville de Bambari. Ils disent que plusieurs éléments ex-Séléka sont entrés dans leur village et l’ont pîllé» Interrogé sur cette information, le général Zoundeko dit n’avoir pas été saisi d’une quelconque fuite des éléments qui auraient pris en otage des villages.

Mais pour lui « si des éléments essaient de fuir pour échapper à ces mesures de confiance, ils seront toujours rattrapés ». A Bambari, il y a un calme précaire qui règne. La majorité des habitants est encore et toujours sur les sites des déplacés et craignent toujours pour leur vie comme l’a témoigné Cyriaque, père de famille aujourd’hui déplacé « la crainte est toujours là parce que dans la ville, on ne sait plus qui est militaire et qui ne l’est pas.

Tout le monde est armé et cela inquiète. C’est pour cette raison que les gens ne veulent pas sortir des sites ». Bambari est l’une des rares villes de la République Centrafricaine à échapper au désordre des ex-Séléka. Elle est tombée dans cette crise depuis que les ex-Séléka mis en déroute à Bambari s’y sont réfugiés et y ont installé leur État-major. La semaine dernière, les ex-Séléka et les éléments de la Sangaris se sont affrontés suite à une tentative de désarmement des ex-Séléka par la Sangaris.


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