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RCA: pas de répit pour les habitants du PK5, chrétiens et musulmans

Des tirs ont éclaté dès la fin de la matinée ce 25 mai dans le quartier du PK5, à Bangui.

 

Les corps de trois personnes assassinées ont également été apportés à la mosquée Ali Babolo. Les miliciens anti-balakas imposent sur ce quartier une sorte de blocus : tout musulman qui tente de sortir le fait au péril de sa vie.

Les menaces touchent de plus en plus également les chrétiens du PK5, car on líignore trop souvent, le Kilomètre 5 níest pas uniquement un quartier musulman. Cíest en fait le dernier quartier de Bangui où chrétiens et musulmans parviennent à cohabiter.

Abdelaziz Sabidja Adam est un grand commerçant musulman du PK5. Sa voisine est chrétienne. Ici pas de méfiance, pas de tension. Les années et líentraide ont noué de solides liens. Voila maintenant que les deux familles doivent faire face ensemble à la même épreuve : le blocus des anti-balakas sur le quartier. Abdelaziz Adam níest quasiment pas sorti du Kilomètre 5 depuis plusieurs mois : « On est bloqués. Depuis presque 4 ou 5 mois je ne suis pas allé en ville alors que je suis un commerçant. On nía pas de sécurité. On a peur ».


 


© Afp
Aminata, líune des jeunes femmes de la cour díà côté, est chrétienne. Mais cela ne la met pas à líabri des anti-balakas. « Quand je sors et quíensuite je traverse la route pour revenir au PK5, les anti-balakas me traitent comme une copine des musulmans. Ils disent que je trahis les chrétiens et ils me menacent de mort », confie-t-elle.

Pas de répit pour les habitants du PK5, quelle que soit leur confession. Les miliciens attaquent le quartier régulièrement, comme ce dimanche en fin de matinée. Des coups de feu particulièrement proches qui ont une nouvelle fois provoqué la peur et líexaspération.

De nouvelles violences dimanche dans le troisième arrondissement de Bangui

Selon la Misca, des jeunes musulmans et des anti-balakas se sont affrontés obligeant la mission de l'Union africaine à intervenir. Parmi les incidents qui ont échauffé les esprits, la mort de trois jeunes musulmans dont les corps ont été ramenés à la mosquée. Et parmi eux, deux jeunes qui avaient participé samedi 24 mai à une grande rencontre de réconciliation dans le 3e arrondissement et qui dimanche devaient se rendre au quartier Fondo dans le 5e arrondissement pour poursuivre la sensibilisation.

Le ministre conseiller, Joachim Kokaté, était à la réunion de réconciliation de samedi dans le 3e arrondissement. Il est l'un des anciens conseillers politiques des anti-balakas et ne décolère pas après la mort de ces jeunes.


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