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Camille Lepage voulait aller là où personne n'allait

La jeune femme de 26 ans a été retrouvée morte par des militaires français en Centrafrique où elle couvrait le conflit entre catholiques et musulmans.

 

La jeune femme de 26 ans a été retrouvée morte par des militaires français en Centrafrique où elle couvrait le conflit entre catholiques et musulmans. Une enquête a été ouverte à Paris.

«Je ne peux pas accepter que des tragédies humaines soient tues simplement parce que personne ne peut faire d'argent grâce à elles», déclarait en octobre au site de photographie PetaPixel la photojournaliste Camille Lepage, tuée alors qu'elle effectuait un reportage en Centrafrique. La jeune femme, âgée de 26 ans, était dans le pays depuis septembre 2013, avant même l'arrivée des militaires français de la force Sangaris, chargée de maintenir le calme entre les milices catholiques et musulmanes. Mercredi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour assassinat.

Originaire d'Angers, la jeune femme était diplômée de l'université de Southampton Solent, en Angleterre. Lors de ces études, elle a fait un stage dans la rédaction de Rue89. Pour l'obtenir, elle avait notamment indiqué, dans sa lettre de motivation, vouloir s'«orienter vers le journalisme indépendant avant tout [...], le seul digne de ce nom». «Elle était très motivée, et l'actualité internationale l'intéressait déjà beaucoup», se souvient Pascal Riché, cofondateur du site.
«C'était une vraie vocation»

 


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Camille Lepage (à droite), connaissait bien la Centrafrique et a couvert le conflit dès ses débuts
C'est seulement après ses études que Camille Lepage décide de se consacrer à la photographie. «J'ai toujours aimé la photo mais je n'avais jamais pensé le faire professionnellement avant 2011», a-t-elle déclaré à PetaPixel. Diplômée en 2012, elle part s'installer au Sud-Soudan pour couvrir la naissance de ce pays. «J'ai toujours voulu aller là où personne ne veut aller et couvrir, en profondeur, les conflits.» Sur son site internet, elle expliquait son attrait pour les populations «laissées de côté, la plupart du temps, par leur gouvernement».

«Elle n'avait qu'une envie, c'était de témoigner des populations dont on ne parlait pas et qui étaient en danger. C'est pour ça qu'elle est allée au Sud-Soudan d'abord, à Juba. Puis elle est partie en Centrafrique», a raconté sa mère sur RTL. «Elle n'avait pas peur. Elle était passionnée. Elle avait la joie de vivre. C'était une vraie vocation».

«Selon ses confrères, elle s'est illustrée par son courage, allant toujours au devant de l'action, au contact des ex-Seleka dans les quartiers de Bangui ou couvrant les opérations de désarmement», rapporte Reporters sans Frontières qui lui avait prêté un gilet par balle avant son départ en République centrafricaine. «Ce n'était pas du tout une tête brûlée. Elle savait exactement ce qu'elle faisait», a souligné à l'AFP Virginie Terrasse, cofondatrice de l'agence Hans Lucas dont faisait partie Camille Lepage.


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