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Bangui: OMCA et UJCA derrière les journalistes arrêtés

Ces instances corporatives vont engager des négociations avec les autorités pour obtenir la libération des deux confrères aux arrêts

 

Alors que le Directeur de Publication du journal Le peuple Patrick Stéphane Akibata interpellé hier, a été auditionné à la gendarmerie, l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA) et l’Observatoire des Médias en Centrafrique vont engager des négociations avec les autorités pour obtenir la libération des deux journalistes arrêtés. Le président de l’OMCA, Pierre Débato II, reconnaît que les faits qui ont été reprochés aux deux journalistes, Patrick Akibata et Régis Zoumiri, sont graves. Il indique vouloir mettre en avant la négociation: «je pense que la seule option pour nous aujourd’hui est de négocier avec le procureur et la ministre de la Justice afin de trouver une solution qui puisse arranger tout le monde».

 


© journaldebangui.com
Défendre les journalistes
Parallèlement à cette démarche, le président de l’OMCA envisage convoquer une séance du tribunal des pairs pour traiter le cas du Directeur de Publication du journal Le Peuple. «Il me parait important que le tribunal des pairs puisse se saisir du dossier Akibata. Je crois que dans les jours avenir, une séance publique sera convoquée pour examiner les faits qui lui sont reprochés comme nous l’avons fait pour Régis Zoumiri. D’ailleurs, il s’agit d’abord des questions qui touchent à l’éthique et à la déontologie. Donc cela rentre dans les prérogatives de l’OMCA».

Macka Gbossokotto, président de l’UJCA, s’est dit favorable au dialogue mais ce dernier souhaite avoir certains éléments de la procédure. «Nous sommes prêts à engager des discussions avec le parquet et la présidence mais il faut que nous ayons certaines précisions surtout concernant le cas Régis Zoumiri qui a été jugé par l’OMCA, entendu par la gendarmerie ensuite par le doyen des juges. Je suis prêt à négocier parce que c’est la vie privée d’une personnalité qui a été étalée au grand public mais il faut que la procédure soit correcte».

Un vice de forme ou de procédure
Patrick Stéphane Akibata, a été arrêté mardi 15 avril et maintenu à la gendarmerie pour être auditionné, alors que Régis Zoumiri, Directeur de Publication du Journal Le Palmarès», a été transféré à la maison carcérale de Ngaragba. Le directeur de publication du quotidien Le Peuple, Patrick Akibata est accusé d’outrage, de diffamation et d’incitation à la révolte populaire à la présidente de transition Catherine Samba-Panza. Maître Timoléon Kokongo est le conseil du journaliste. Le journaliste a été arrêté au moment où il rendait visite à un autre journaliste à la gendarmerie. Selon l’avocat, aucune plainte n’est déposée contre son client. «En matière de délit de diffamation, outrage, la victime doit déposer plainte. Je n’ai pas vu de plainte, donc M. Akibata jusque-là n’est pas arrêté comme tel; il est en garde à vue. Normalement, la loi prévoit 48h qu’on peut prolonger une fois», a-t-il relevé.

Au fond il est reproché au directeur de publication du journal Le Peuple tout comme celui du Démocrate, de reproduire dans leur parution un article publié en ligne par Gabon Libre sans pour autant mentionner la source. Ce que regrette, Maître Kokongo qui souligne que c’est une faute professionnelle qui ne relève pas du pénal.

«S’il y a une faute en fait ni le journal «Le Peuple» ni «Le Démocrate» n’ont pris la précaution de dire que c’est un article lu pour le public. Ce n’est pas une faute pénale, c’est une faute déontologique. Une faute déontologique, ce n’est pas au pénal qu’on doit la traiter», a conclu Maître Kokongo.

 



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