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Bangui: Ban Ki-moon affiche la détermination de l'ONU

Cíest la présidente centrafricaine Mme Catherine Samba-Panza qui a accueilli le secrétaire général de L'ONU Ban Ki-moon à l'aéroport de Bangui lors de son transit en terre centrafricaine

 

En route pour la commémoration du 20ème anniversaire du génocide rwandais, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fait une escale de quelques heures dans la capitale centrafricaine. Il a été accueilli à sa descente díavion par la présidente de la République, Mme Cathérine Samba-Panza. Il a ensuite prononcé des mots à la tribune de líassemblée nationale centrafricaine où siège le Conseil national de Transition devant lequel, il a appelé les Centrafricains et la communauté internationale à se mobiliser pour empêcher un nouveau génocide en Afrique, 20 ans après le Rwanda, dans ce pays livré à «une épuration ethnico-religieuse». «D'ici je vais directement à Kigali pour commémorer (lundi) le 20e anniversaire du génocide rwandais», a lancé M. Ban dans son discours devant les membres du CNT. Durant sa visite le SG en a profité pour réclamer le déploiement avant la fin 2014 d'une opération de maintien de la paix de l'ONU en Centrafrique. «[i C'est votre responsabilité à tous - en tant que leaders - d'assurer que nous n'aurons jamais à commémorer un tel anniversaire en Centrafrique. Ne répétez pas les erreurs du passé, n'oubliez pas d'en tirer les leçons», a-t-il avancé. «Une épuration ethnico-religieuse est une réalité» en Centrafrique, a souligné le secrétaire général, qui s'est également entretenu avec la présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza.

 


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La présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza (c) accueille le secrétaire général de L'ONU Ban Ki-moon à l'aéroport de Bangui
«J'ai entendu leurs histoires effroyables»
Avant de s'exprimer au CNT, M. Ban - protégé par un dispositif de sécurité impressionnant déployé par les forces internationales, dont un hélicoptère de combat français survolant en permanence le cortège - s'est rendu aux abords du camp de déplacés de l'aéroport où s'entassent des dizaines de milliers d'hommes, femmes et enfants dans des conditions sanitaires déplorables. «J'ai entendu leurs histoires effroyables», a-t-il dit. «De nombreux membres de la minorité musulmane ont fui. Musulmans et chrétiens sont exposés à un danger mortel du simple fait de leur appartenance à une communauté ou de leur croyance», a-t-il dit, rappelant que «des crimes atroces sont commis ici». Ensuite, dans le quartier du PK-5, où des musulmans sont encerclés depuis des semaines par des miliciens majoritairement chrétiens anti-balaka et des bandes de pillards, il s'est entretenu avec l'imam de la grande mosquée du quartier. «Je suis très triste de ce que j'ai vu», a-t-il commenté. «Je suis ici pour montrer la solidarité» de la communauté internationale, a-t-il dit à ses interlocuteurs: «Comme vous le savez, j'ai demandé au Conseil de sécurité d'établir une opération de maintien de la paix. J'espère que le Conseil prendra une décision dans quelques jours». Appuyé par la France, le secrétaire général plaide pour le déploiement avant fin 2014 d'une opération de l'ONU forte de 12.000 hommes.

 


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Cette opération devrait prendre le relais des Français de Sangaris, de la Misca - dont le Tchad a annoncé jeudi son retrait, sur fond de polémique avec l'ONU sur le rôle de son contingent notamment - et de la force européenne attendue prochainement à Bangui. En Centrafrique, «la sécurité de l'État a cédé la place à un état d'anarchie», a rappelé M. Ban, en félicitant la Misca et la force Sangaris «[i dont l'action rapide a pu empêcher à ce jour le pire». Mais «leurs moyens sont insuffisants et elles sont submergées par l'ampleur même des besoins», a relevé le secrétaire général de l'ONU.

«[bi Des décennies de corruption »]
Début mars, le secrétaire général a exposé au Conseil de sécurité son projet d'opération qui comprend un ambitieux volet civil destiné à rétablir un minimum d'Etat et d'administration dans un pays livré au chaos, notamment dans la perspective d'élections générales prévues au plus tard en principe en févier 2015. Car, «des décennies durant, la structure de l'État a été éviscérée par le gaspillage, la corruption et l'indifférence de la communauté internationale», s'est indigné M. Ban. Formées en réaction aux exactions contre la population perpétrées pendant des mois par les combattants essentiellement musulmans de la Séléka après leur prise du pouvoir en mars 2013, les milices anti-balaka, groupes formés à l'origine de paysans chrétiens de l'ouest de la Centrafrique, pourchassent depuis la population musulmane, contrainte à l'exode de régions entières.


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