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Bad: réduire les coûts des transferts d’argent des migrants africains

Les participants au séminaire de Tunis doivent réfléchir pendant deux jours et proposer d’autres produits et services alternatifs pour financer les projets de développement

 

A contre-courant de l’évolution d’autres paramètres économiques, comme la croissance du PIB ou l’évolution de l’aide publique au développement, et de l’investissement direct étranger, les transferts d’argents des migrants africains vers leurs pays d’origine demeurent stables et tendent même à s’accroître. Selon la Banque africaine de développement et ses partenaires, ils affichent une résilience face à la crise internationale. C’est dans ce contexte que mandat a été donné à l’ONG, « Epargne sans frontière » de mener une étude afin de fournir des chiffres permettant de mesurer l’importance des transferts des migrants pour le développement des pays concernés.

 


© journaldebangui.com
Le président Donald Kaberuka à l'ouverture du séminaire
L’étude concernait cinq pays parmi lesquels le Cameroun, les Comores, le Maroc, le Sénégal, la Tunisie, tous en lien avec la France, un des pays source de flux. Les constats établis montrent que, le montant des transferts d’argent des Africains s’élèvent à plus de 62 milliards de dollars. L’Afrique reste le continent où les transferts coûtent les plus chers. Les migrants africains s’acquitteraient ainsi de quelques 4 milliards de dollars US par an de frais de transfert. Et cette situation inquiète la BAD et la Banque mondiale. C’est la raison pour laquelle au cours de ces deux journées de réflexions, 27 – 28 mars 2014, les participants vont trouver la parade pour réduire les coûts des transferts, afin que les sommes d’argent en jeu contribuent au financement du développement. L’idée est de réduire de moitié ces frais qui s’élèveraient à 2 milliards et pourraient être injectés dans les pays bénéficiaires.

La deuxième visée de ce séminaire panafricain de Tunis, initié par la BAD et l’ONG «Epargne sans Frontières» et les autres partenaires, est d’orienter une partie des transferts vers d’autres services et produits bancaires, ou des investissements dans les secteurs jugés prioritaires par les envoyeurs et les récipiendaires. Ils espèrent de la sorte contribuer à maintenir de larges couches de populations hors de la précarité dans les pays d’origine des migrants. Pour cela, la BAD entend encourager les Banques à ne pas baisser les bras surtout face à la situation de détresse de certains Etats fragiles, comme la République centrafricaine, le Soudan, la Somalie. « C’était le sens de ma lettre aux banques européennes et je constate que beaucoup d’entre elles estiment que c’est nécessaire. Mais interrompre cela, c’est tuer une mouche par le marteau, j’espère que nous pourrons travailler ensemble pour que tous ces pays en crise, où l’état est affaibli, où les groupes terroriste continuent de sévir, les transferts d’argents pour les familles ne seront pas interrompus, » M. Donald Kaberuka, président de la BAD. Pour lui, l’inclusion financière est importante, et d’ajouter que « depuis 10 ans, la BAD a une stratégie pas seulement axée sur la croissance, mais la croissance inclusive. »

Les participants viennent des pays africains, des grands pays des diasporas africaines, des institutions financières et de transferts d’argent, les sociétés de télécommunication et de téléphonie mobile. La Banque africaine de développement et de l’ONG Epargne sans Frontières bénéficie du pilotage de la France, l’Agence française de développement, la Banque mondiale à travers l’IFAD et l’agence américaine pour le développement USAID.

 



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