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Confiez-moi le DDR et je vous file le RDD

«Le DDR! C’est une chose trop grave pour la confier à d’anciens rebelles.»

 

Georges Clemenceau, Ministre de l’Intérieur français en 1906, « Premier Flic de France », comme il aimait à se désigner, disait très justement et très sérieusement, « La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires. » Plaise à vous, chers lecteurs, au nom de la RCA notre chère patrie, et du Centrafricanoptimisme notre philosophie, me donner acte de paraphraser cet illustre homme d’Etat en ces termes : Le DDR ! C’est une chose trop grave pour la confier à d’anciens rebelles. La mauvaise gouvernance dans notre pays, et toutes les conséquences qui s’ensuivent, il faut le souligner, est dans bien des cas, l’enfant bâtard de l’union incestueuse de certains comportements, attitudes et visées politiques, mal maîtrisés. Ainsi, peut-on trouver en Centrafrique, regroupés dans un même ensemble, des individus, dont les relations s’analysent uniquement, en termes de confiance ou manque de confiance réciproque, et leurs corollaires que sont, abus et imprudence, négligence et trahison. Au grand dam du pays.

DDR – RDD, autrement dit : Désarmement Démobilisation Réinsertion - Réarmement Déstabilisation Destruction
Guy José Kossa

 

Pour illustrer nos propos, par exemple, l’on observe aisément, que la confiance entre certains hommes et femmes du gouvernement actuel, lors de sa formation, a donné malheureusement par imprudence ou négligence, le déséquilibre en faveur d’une ethnie. Ce qui constitue et continue d’être à ce jour, le principal reproche adressé à la Présidente de Transition. Elle devrait sérieusement en tenir compte. Tel semble être également le cas à la Primature, vivement critiquée ces derniers jours, par la presse locale.

Les attitudes et comportements « positifs », qui sous-tendent principalement les relations interpersonnelles ou limitées à une petite cellule, se révèlent rarement salutaires, souvent dangereux, voire suicidaires, dès lors qu’il s’agit de gérer et de défendre, des intérêts supérieurs collectifs, au niveau national. Pour s’en convaincre, examinez de près les partis politiques centrafricains. Du Président fondateur, à la base, en passant par le bureau exécutif, et même au niveau des intentions de vote, il est assez facile de déterminer leurs « colorations » familiales, ethniques, régionales et autres. Si ces comportements trouvent des explications, elles devraient cesser d’être défendus, encouragés et perpétués.

A contrario, et c’est justement là où nous voulons en venir, il existe des situations où l’on se demande, s’il faut faire confiance à certaines personnes, avec qui pourtant, on a beau cherché, on n’a, ni passé commun, ni aucun autre type d’affinité, proche ou lointaine. Comme dirait l’autre, seul le travail vous réunit ou vous contraint à la cohabitation. Plus est, on se demande pourquoi telle personne se retrouve à tel poste, alors que l’on peut l’en écarter au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat, quitte à lui trouver « n’importe quoi », si on estime qu’il est indispensable pour la survie de la nation.

Ceci dit, les nominations d’anciens rebelles, à des postes de hautes responsabilités, surtout au sein du dispositif central devant aboutir au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion des combattants, se révèle être la preuve la plus patente, s’il en est une, de la pire imprudence et négligence polico-administrafive, au sommet de l’Etat. Quoiqu’on dise, et veuille soutenir, ces nominations, à ce niveau, manquent de lucidité technocratique et de clairvoyance préventive. Elles ne se justifient aucunement, ne fut-ce que pour la noblesse et la grandeur du concept DDR, telle qu’il a été imaginé, et traduit dans les faits, et sa démarche appliquée et réussie dans bien de pays.

En effet, l’approche DDR a pour but de «contribuer à la sécurité et à la stabilité dans une situation post-conflit en vue de permettre l’initiation de la phase de relèvement et de développement. Aussi les processus de DDR devraient traiter en profondeur de tous les aspects du désarmement et du contrôle et de la gestion des armes.» En confiant le « destin » du DDR, à des maquisards non repentis, dont la soif inextinguible du pouvoir et la roublardise sont connues de tous les Centrafricains, ceux qui leur ont confié « cette bombe à retardement », portent la responsabilité du maintien à jamais de la République centrafricaine, dans le cycle violent et infernal, DDR – RDD, autrement dit : Désarmement Démobilisation Réinsertion - Réarmement Déstabilisation Destruction.

 



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