Archive

Paix: les leaders religieux centrafricains sur VOA

Les trois hommes espèrent que très vite quíune opération onusienne de maintien de la paix se déploiera dans leur pays

 

Dieudonné Nzapalainga, Nicolas Guérékoyame Gbangou et Omar Kobine Layama sont revenus sur leur visite dans la capitale américaine washingtown. Alors que la Centrafrique reste en proie aux violences, les trois hommes espèrent que très vite une opération onusienne de maintien de la paix se déploiera en RCA. Jusquíà ce vendredi, 21 mars les trois hommes devaient rencontrer, en autre, des membres du Congrès, du Département díEtat et du Conseil National de Sécurité. Et avant de retourner en Europe, pour poursuivre leur sensibilisation sur la situation en Centrafrique, les leaders religieux centrafricains ont expliqué avoir reçu «des promesses et engagements pour accompagner le processus de pacification du pays», selon l'imam Layama. «Le conflit n'est pas religieux mais militaro-politique», a quant à lui expliqué le révérend Gbangou. «La situation dans notre pays mérite une attention particulière comme la Syrie et l'Ukraine. Nous devons être au centre de líintérêt américain.»

 


© VOA
Dieudonné Nzapalainga, Nicolas Guérékoyame Gbangou et Omar Kobine Layama à Washington, le 18 mars 2014
Alors que l'Onu estime que près de 2,5 millions de Centrafricains ont besoin d'assistance, les religieux affirme que le vivre ensemble est toujours possible à Bangui. «Actuellement en Centrafrique, l'Etat est impuissant, inexistant. L'Etat n'a pas les moyens pour assurer ses obligations», selon Mgr Nzapalainga. La démocratie américaine reste un modèle pour une Centrafrique à la dérive selon líarchevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga : «l'union fait la force. Les Etats Unis d'Amérique sont unis et si nous le sommes, notre combat aura du sens. Nous portons la voix des Centrafricains qui aspirent à la dignité, l'unité et au relèvement.» Concernant la crainte d'une partition du pays, «la crainte est encore là. Tous les musulmans en Centrafrique ne sont pas des étrangers», estime Nicolas Gbangou.

«Le Tchad ne peut pas prétendre aider le pays et l'enfoncer dans la détresse. La collaboration avec ce pays frère doit connaître un nouvel essor. Intégrer le Tchad au sein de la Misca n'est qu'une manière de tromper le peuple centrafricain. L'Union africaine devrait demander la suspension de cette participation tchadienne à cette force jusqu'à ce que la collaboration bilatérale entre nos deux pays soit revue», selon lui.

La saison des pluies qui s'annonce est aussi une source d'inquiétude. «[i Nous venons de faire une tournée à l'intérieur du pays et certains villages ont été entièrement brûlés. Les populations dorment sous les arbres. Des femmes, des enfants, des vieillards qui ne pourront pas se protéger des pluies et des maladies. Il faut une action humanitaire d'urgence», insiste l'imam Layama. L'archevêque de Bangui estime que la Centrafrique est revenue à líâge de pierre en matière d'agriculture.

Dans ce contexte, la tenue des élections d'ici février 2015 semble impossible, constatent les trois leaders religieux. Mais malgré le chaos, l'espoir demeure. «Quelle que soit la durée de la nuit, le jour nouveau finira par se lever. Musulmans, Chrétiens, ensemble, se tiendront la main pour construire la Centrafrique. Tôt ou tard, ce message retentira dans le cúur des Centrafricains», affirme Mgr Nzapalainga. Les trois hommes ne rentreront dans leur pays que début avril après avoir achevé une nouvelle tournée en Europe.

 



Commentaire


Retour en haut