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A Bangui: qui nourrit la guerre en RCA?

S’acheminerait-on vers un génocide en RCA ? La Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) a découvert un important arsenal de guerre dans les environs de la base aérienne de Bangui

 

La nature de l’armement trouvé (des armes lourdes) fait dire au chef de la MISCA, le général Jean-Marie Miche Mokoko, que ce sont des armements soustraits des arsenaux des forces armées centrafricaines. Ces armes proviennent-elles réellement de l’arsenal national ? Qui les y a mises là et à quelle fin ? Voilà autant de questions auxquelles des enquêteurs doivent apporter des réponses. Mais d’ores et déjà, on peut dire que l’intention des auteurs de cette cache d’armes n’était pas de protéger la RCA, mais plutôt de la déstabiliser. Il y a fort à parier que le camp Bozizé n’est pas étranger à cette cache d’armes.

 


© journaldebangui.com
On sait que l’armée tribale mise en place par Bozizé, l’ancien locataire du palais de Bangui, s’était suffisamment servie en armes dans l’intention de contrer la Séléka qui avançait sur Bangui. On sait aussi que François Bozizé avait mis d’importants moyens militaires à la disposition de sa milice, les anti-balaka. Son fils, Jean-Francis Bozizé, en avait fait autant. Même hors du pays, ce dernier est considéré par les autorités de Bangui comme une véritable menace pour la paix. En tout cas, il y a fort à parier que le camp Bozizé n’est pas étranger à cette cache d’armes. Il se peut bien qu’il ait mis de côté ces armes afin de s’en servir le moment venu. De toute évidence, cette découverte d’armes est une importante et sérieuse piste pour les autorités de Bangui. Elle doit leur permettre de démasquer les ennemis de la paix tapis dans l’ombre. Elle montre qu’il faut combattre le mal centrafricain par la racine et non s’attaquer seulement à ses manifestations. Si des fauteurs de troubles comme les anti-balaka continuent à semer la terreur, c’est parce qu’ils bénéficient de l’appui de quelques pyromanes tapis dans l’ombre. En tout cas, cette découverte d’armes vient montrer une fois de plus la gravité de la situation que vivent les Centrafricains.

L’ONU doit hâter le pas
Elle traduit également la volonté des protagonistes de faire perdurer la crise mais surtout, leurs intentions inavouées et néfastes. Elle suffit à montrer l’urgence qu’il y a pour les Nations unies de déployer des renforts en termes d’hommes, mais aussi en termes d’armement. Car, plus on ajournera l’envoi d’hommes et de matériels supplémentaires, plus la crise s’aggravera. Du reste, la France, qui s’est fortement engagée dans ce bourbier centrafricain, perd petit à petit le soutien de ses alliés européens qui sont de plus en plus préoccupés par la crise ukrainienne. Mais l’ONU doit hâter le pas car il faut, à tout prix, empêcher les forces du mal d’envahir tout le pays. Avec cette découverte d’armes, on est entré dans une autre dimension de la crise. Et il serait naïf de croire que le bout du tunnel est pour bientôt. Il faut plutôt craindre que les choses n’empirent dans les jours à venir. Cela dit, il y a lieu de saluer la perspicacité de l’unité d’intervention rapide de la MISCA composée essentiellement d’éléments du contingent tchadien qui a mené avec succès l’opération ayant conduit à la découverte de la cache d’armes. C’est la preuve que la prouesse de l’armée tchadienne au Mali n’est pas un fait du hasard et que c’est une armée sur laquelle l’Afrique peut encore compter.

 



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