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Centrafrique: les femmes musulmanes menaceraient de quitter Bangui

La tension persistante entre les milices d'autodéfense anti-Balakas et les musulmans accusés de complicité avec les ex- rebelles de la Séléka, en serait une des causes

 

Plus d'une centaine de femmes musulmanes du grand centre commercial de Bangui ont manifesté et menacé de quitter la ville, suite à la tension persistante entre les milices d'autodéfense anti-Balakas (anti- machettes) et les musulmans accusés de complicité avec les ex- rebelles de la Séléka, a déclaré Hadja Aïssatou, porte- parole des «femmes musulmanes en danger». «Les musulmans sont coincés juste à la mosquée centrale de Bangui, au marché de Km 5. Nous n'avons plus de liberté de circuler, c'est pourquoi nous demandons notre transfert en dehors du pays, a déclaré Hadja Aïssatou. Le marché du km 5 dans la capitale centrafricaine sombre dans l'insécurité depuis le 5 décembre 2013, date à laquelle les milices anti-Balakas ont lancé une offensive contre les positions des ex-rebelles de la coalition Séléka à dominance musulmane qui avait porté au pouvoir son leader Michel Djotodia, le 24 mars 2013.

 


© rfi.fr
Les populations civiles musulmanes n'en peuvent plus
Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier par les dirigeants d'Afrique centrale et la France à cause de la persistance des violences dans le pays, était le premier musulman à diriger la République centrafricaine (RCA) depuis l'indépendance en 1960. Dans la ville de Boda (Sud-Ouest), malgré l'engagement de non-agression conclu entre le chef des milices anti-Balakas Aimé Jérémie Kotte et le capitaine Benoît de la force française Sangaris qui intervient sous mandat des Nations Unies pour aider à restaurer la sécurité dans ce pays pauvre et enclavé, des incertitudes demeurent surtout de la part de la population musulmane qui menace elle aussi de quitter la ville. «Nous prenons l'engagement de ne plus utiliser nos armes et de ne plus attaquer les musulmans de la ville de Boda», précise l' accord dont a obtenu copie.

Selon Moussa Adam, un musulman de la ville joint au téléphone, la situation sécuritaire reste volatile et les conditions de vie des musulmans précaires. «Nous sommes toujours menacés. Nous devons quitter la ville», a- t-il déclaré. «Les membres de cette communauté se sont dit prêts à rencontrer leurs frères chrétiens afin de négocier une paix durable pour Boda. Mais, l'ambiance est encore électrique», a laissé entendre pour sapart Joachim Kokate, ancien coordonnateur des milices anti- Balakas, initiateur de cet accord. Selon les données officielles, les musulmans en Centrafrique représentent 10% de la population contre 80% de chrétiens et 10% d'animistes.

 



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