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Elan Béarnais: le Prince se livre

À 63 ans, líancien joueur de líÉlan Mathieu Bisseni vient de publier sa biographie

 

Seuls les cheveux blancs étaient là pour confirmer que le temps ne síétait pas arrêté. Ce week-end, à líoccasion des 18es Journées du livre díOrthez, Mathieu Bisseni, líancienne gloire de líÉlan Béarnais était de retour à Orthez. Le public nía pas boudé son plaisir de voir le Prince revenir siéger à la Moutète. Díailleurs, durant deux jours, le stand où il présentait sa biographie intitulée «De Berbérati à Orthez, itinéraire díune légende du basket» a affiché complet. Installé depuis 13 ans à Bordeaux où il coule une retraite paisible, Mathieu Bisseni avait choisi de réserver la sortie de sa biographie au salon du livre orthézien. Cet ouvrage, écrit avec Jean-Pierre Delbouys, un proviseur toulousain à la retraite, se présente comme un «puzzle» où se dévoilent les «arcanes» de líancien sportif. «Cíest un homme profond et libre à la fois, chaleureux et secret», résume Jean-Pierre Delbouys, qui a travaillé deux ans et demi avec líancien basketteur avant de faire éclore cette biographie.

 


© Photo Jean Sarsiat /«Sud-Ouest»
Jean-Pierre Delbouys et Mathieu Bisseni ont travaillé deux ans et demi pour écrire ce livre
2,03 mètres à 15 ans
Né le 2 janvier 1950 à Berbérati, en Centrafrique, de parents commerçants, Mathieu Bisseni est le quatrième enfant díune fratrie de 14. «Jíai reçu une éducation stricte, se souvient-il. Même si nous avions des véhicules, je devais me rendre à líécole à pied, comme les autres.» Son enfance est aussi «heureuse» que sa courbe de croissance est extraordinaire. Et logiquement, dès líâge de 10 ans, Mathieu Bisseni commence à taquiner le ballon orange. Cinq ans après, alors quíil a atteint sa taille adulte de 2,03 mètres, il fait ses premiers pas au sein de líéquipe nationale de Centrafrique. En 1970, il rejoint celle du Cameroun avant díêtre repéré par un médecin, ami de Pierre Seillant, alors président de líÉlan. Pendant six mois, les deux hommes entretiennent une correspondance. Puis, le 15 octobre 1971, Mathieu Bisseni débarque à Orthez. «Cíest un garçon adorable même síil ne fallait pas trop lui marcher sur les pieds quand il était sur le terrain, raconte Pierre Seillant. Sans lui, líhistoire aurait été différente.»

LíAfrique «sans concession»
On connaît la suite, la victoire en Coupe díEurope en 1984 et les 95 sélections en équipe de France. «Mais Mathieu níest pas quíun sportif», relève Jean-Pierre Delbouys. Loin du vernis superficiel, Mathieu Bisseni se livre, dans cette «profession de foi», sur des choses très personnelles comme le décès de son épouse Claudia, il y a un an et demi. Ce grand amateur de langue française qui a fait des études de droit et de sciences économiques síexprime aussi sur líAfrique quíil regarde «sans concession». «Quand les investisseurs arrivent, ils pensent toujours à la commission», regrette-t-il. Toujours très lié à son continent où il est retourné il y a encore trois ans pour affaire, il reste optimiste, sûr que le «potentiel» va finir par síexprimer. «Líélite est en route», assure-t-il.

Quant au sport, même síil lui a appris «líamour, le respect de líautre et líhumilité», líancienne gloire níest pas tendre. « Ça míénerve quand je vois les footeux ou les rugbymen pour lesquels il níy a que leur discipline qui compte», relève-t-il. Au fil des pages, les anecdotes continuent de «fonder le personnage». «Nous avons ouvert des portes que peu de gens connaissent», indique Jean-Pierre Delbouys. Désormais amis, les deux hommes pourraient ne pas síarrêter là.

 



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