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Bangui: «la voix des sans voix», la revenante Blanche Olofio

Journaliste centrafricaine, elle a été victime d’agressions d’hommes armés en janvier 2013, au moment où la ville de Bambari tombait entre les mains de l’ex-coalition Séléka

 

En prélude à la célébration de la journée internationale de la femme, les femmes journalistes centrafricaines se mobilisent également en ce moment pour dire «non aux violences faites aux femmes» et valoriser leur métier. Blanche Olofio est l’une des journalistes. Célibataire avec 3 enfants, âgée de 34 ans Blanche O. est une femme journaliste qui a débuté sa carrière en 2003 à la radio Bé-oko de Bambari. Elle fait aussi partie des femmes journalistes qui œuvrent pour le développement rural et le retour à la paix dans le pays. Et en dehors de ses heures de travail, Blanche Olofio consacre sa vie à l’éducation de ses enfants.

 


© arc-radios-communautaires.net
Blanche Olofio sur le terrain
«J’ai débuté dans le journalisme en 2003, au niveau de la Radio Bé-Oko de Bambari. Durant mon parcours comme journaliste, j’ai eu plus des connaissances, des contacts et je suis devenue très populaire. Il y a des gens, qui de par mon travail, sans me connaitre physiquement, ont de l’estime pour ma personne. C’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. En tant que journaliste, je suis la voix des sans voix, et en même temps, je constitue un pont entre les autorités et la population» a déclaré Blanche Olofio. Elle qualifie son metier de noble mais très risquant. «J’aime bien ce que je fais comme métier actuellement. C’est grâce à ce travail que je m’occupe de ma petite famille. Et comme je le disais, le métier de journalisme est un métier vraiment noble. Mais c’est en RCA que les gens ont tendance à minimiser les journalistes. Car aujourd’hui, ce qu’un journaliste gagne ne lui permet pas de gérer normalement son foyer ou de vivre convenablement comme les autres. A cela s’ajoute les risques que les journalistes prennent dans l’exercice de leur fonction» a-t-elle expliqué.

Victime des exactions
Blanche Olofio témoigne avoir été victime d’agressions des hommes armés en janvier 2013, au moment où la ville de Bambari tombait entre les mains de l’ex-coalition Séléka. «J’ai perdu tous mes biens que j’ai acquis avant de travailler comme journaliste. Le 03 janvier 2013, les malfrats ont fait irruption chez moi et ont tout pris et en même temps, ils ont détruit ma maison. Le 05 du même mois, j’ai été victime d’une terrible agression corporelle, dont je souffre encore des séquelles. Malgré ces chocs, ni les structures humanitaires, ni le gouvernement ne me sont venus en aide, mis à part quelques personnes de bonne foi, et une association d’amis de France. Mais malgré tout cela, je continue de faire mon métier de journaliste», a-t-elle témoigné. Blanche Olofio lance un appel à toutes les femmes centrafricaines de se mobiliser pour dire «non à la violence à leur égard».

 



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