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André et Cathy, rattrapés par les dures réalités du pouvoir

Les courbes de l’histoire de Centrafrique, dans leur mouvement inconstant, ont posé le pays sur le tarmac d’une nouveauté

 

Point n’est besoin de les comparer, encore moins de les soupeser. Les actes et les discours ont suffi pour stopper la myriade d’imaginations et d’en exfiltrer une idée capable d’avoir le cœur net sur le degré de réussite et/ou d’échec de cette Juriste et du Banquier.

Les signes-avant-coureurs d’un exploit qui bluffe
Le couple André et Cathy aura beau brillé dans plusieurs aspects tant estudiantin que professionnel. Mais toujours est-il que la RCA s’est retrouvée nez-à-nez contre une élection saluée de tous et les bonnes langues disaient que devant l’échec des hommes, l’arrivée de la femme est incontestablement et implicitement une réussite, sinon une correction qui ne se cicatrisera pas aussi aisément. A paraphraser les théologiens, nous dirons que comme la Vierge Marie, sauvée par le fait même que son Fils soit mort et ressuscité, la nomination d’André Nzapayéké a bénéficié des retombées positives de l’élection de Madame Catherine Samba-Panza, par les Conseillers Nationaux, le 20 Janvier 2014. N’importe qui, placé dans les mêmes conditions, ne sera pas conspué, car l’adhésion à sa personne découle d’un autre acte.

Le Centrafricain ne mérite pas la vérité et la transparence, même après les leçons pointues tirées de la comédie de Michel Djotodia.
Naïm-Kaélin Zamane

 

Une nomination spirituellement interprétée comme le signe du retour du Père Céleste qui, selon certains, avait quitté le sol centrafricain, et puisque tous les démons de l’enfer, avec en tête l’hécatombe Michel Djotodia, s’y sont retrouvés, semant la peine et la désolation. NZapayéké, ce qui signifie en Sango: Dieu Est. Voilà qui dit tout. Un Premier Ministre au prénom tellement significatif et parlant, car André est l’un des Douze Apôtres du Christ, le plus discret et le plus efficace. Ses œuvres ne sont connues que très peu du public araméen et judaïque.

Le symbolisme à refaire
Or, le danger épiant ce parfait couple n’est pas loin. Les faits sont têtus. Ainsi, Samba-Panza ne tardera pas à se rendre compte du visage du véritable Chef de l’Etat de Transition. Contrairement à elle qui s’est vue votée en bonne et due forme par le Parlement de Transition, son rival, lui acquiert un pouvoir de facto et pense tirer sa légitimité de la résistance opposée aux bandits de grands chemins qu’est la Séléka, ayant permis de bouter hors de la vue des Centrafricains, son principal leader, Michel Djotodia. Une situation identique en Lybie où les rebelles et acteurs de la révolution libyenne, tiennent à tout prix contrôlé le pouvoir établi. Toutes proportions gardées, les mains invisibles qui manipulent dans l’ombre le pouvoir de Samba-Panza, l’influent considérablement et ses déclarations de guerre ne semblent pas produire l’effet escompté. Les antibalaka… n’est-ce pas eux ? De l’autre côté, la société se prépare à une explosion. La souffrance morale de la population, montée de toute pièce par la horde de la Séléka s’est ajoutée à la pauvreté matérielle, elle, familière aux Centrafricains, pour créer une situation aujourd’hui exécrable.

Avec cinq mois d’arriérés de salaires pour les fonctionnaires et agents de l’Etat, une cascade de décisions de mise en chômage de plusieurs travailleurs du secteur privé etc., autant d’ingrédients qui pourront déplacer, l’un de ces quatre matins la RCA de la surface de la terre. Le silence de cimetière et l’affluence des propos de courtoisie, dont font usage les deux têtes de l’Exécutif centrafricain, ne sont pas de nature à favoriser la cohésion sociale et préparer le bien-être du peuple tout entier. Faudrait-il inonder la Primature et la Présidence de philosophes et théoriciens sociales de renom, pour que l’on sache que la thérapie des moments d’endurance du peuple s’amorce aussi à travers la dimension immatérielle, dont le siège se trouve être l’esprit ? Le monde grec et/ou romain n’avait-il pas besoin de gros moyens pour faire fonctionner la société et/ou créer la confiance entre le peuple et ses dirigeants, dans la mesure où la perception des problèmes se fait globalement et leur traitement spécifiquement. Une saisie des problèmes de l’heure qui rassure le peuple. Diantre!

 



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