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Centrafrique: Hollande pourrait faire une halte à Bangui

Le président de la République songerait à faire une visite surprise en Centrafrique à la fin de la semaine alors quíil est annoncé au Nigéria

 

Au moment où l'Assemblée nationale autorise la prolongation au-delà de quatre mois de l'opération militaire française en Centrafrique, lancée le 5 décembre 2013, les troupes venues de l'Hexagone pourrait recevoir une visite surprise. Le président François Hollande pourrait en effet faire une halte en Centrafrique vendredi, 28 février sur le trajet de retour d'un déplacement prévu au Nigeria. Le chef de l'Etat avait déjà effectué le 10 décembre une visite surprise aux troupes françaises engagées dans ce pays, cinq jours après le déclenchement de l'opération Sangaris. Il avait atterri à l'aéroport de Bangui -placé sous couvre-feu- en provenance d'Afrique du Sud où il venait d'assister à la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela, décédé quelques jours plus tôt.

 


© AFP
Le président français, François Hollande lors de sa précédente visite à Bangui en décembre 2013
Selon le quotidien Le Parisien, "les repérages sont en cours" pour accueillir le Falcon présidentiel "vendredi matin" à l'aéroport M'Poko de Bangui. L'Elysée a refusé de confirmer ces informations. "On est sur un terrain de guerre, comme dans le cas du Mali. Donc, il doit forcément décider au dernier moment", a-t-on fait valoir de source proche de la présidence de la République. Au Nigeria, où il doit participer aux cérémonies du centième anniversaire de l'unification du pays, François Hollande sera accompagné d'un seul ministre, Laurent Fabius (Affaires étrangères), selon l'Elysée. Si la halte à Bangui se confirme, le chef de l'Etat pourrait être rejoint sur place par Jean-Yves Le Drian (Défense).

François Hollande invité d'honneur au Nigeria
Aux célébrations du centenaire de l'unification du pays, deuxième économie d'Afrique, il sera le seul chef d'Etat occidental à participer à une conférence internationale sur la sécurité, la paix et le développement du continent noir. Après Jacques Chirac, venu saluer en 1999 l'instauration de la démocratie au Nigeria, il s'agit de la deuxième visite seulement d'un président français dans ce pays, né en 1914 du regroupement de deux protectorats britanniques. Pour la France, c'est l'occasion de remettre le pied dans ce pays le plus peuplé d'Afrique, avec quelque 170 millions d'habitants, qui connaît un taux de croissance de 7% par an depuis 8 ans et dont le PIB est en passe d'être réévalué par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui le propulserait devant l'Afrique du Sud, première économie du continent.

Le président de la Commission européenne José-Manuel Barroso sera le seul autre dirigeant occidental invité par l'ex-colonie britannique. Pour la présidence française, cette conférence s'inscrit dans la ligne du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique organisé les 6 et 7 décembre à l'Elysée, au lendemain du lancement de l'intervention militaire de la France en Centrafrique. M. Hollande y interviendra pour rappeler notamment que la France et l'Europe peuvent être des partenaires dans le développement par l'Afrique de ses propres ressources en matière de sécurité, a indiqué son entourage. Après un déjeuner auquel ont été conviés l'ensemble des dirigeants présents, M. Hollande aura un entretien en tête à tête avec le président nigérian Goodluck Jonathan.

Plus aucun coopérant français dans les universités nigérianes
En signe d'amitié, le président français restituera à M. Jonathan une statuette nigériane Nok (objet de nombreux trafics) saisie par les douanes françaises. La lutte contre le terrorisme sera au menu des discussions alors que le groupe islamiste Boko Haram, impliqué dans l'enlèvement de plusieurs Français à la frontière du Nigeria et du Cameroun depuis libérés (la famille Moulin-Fournier et le père Georges Vandenbeusch), multiplie les attaques meurtrières dans le nord du pays. Celle d'un lycée qui a fait 43 morts dans la nuit de lundi à mardi lui a été attribuée. M. Hollande devrait en substance, selon son entourage, assurer son homologue que la France se sent concernée par son combat contre le terrorisme. Ce qu'a fait la France avec l'opération Serval au Mali et ce que fait le Nigeria contre Boko Haram est complémentaire, souligne un diplomate, et Paris entend poursuivre et approfondir le dialogue en matière de renseignement avec le Nigeria. La France est par ailleurs prête à apporter sa contribution dans la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée.

Sur le plan économique, les deux présidents interviendront jeudi après-midi en clôture d'une rencontre entre dirigeants d'entreprises françaises et nigérianes. La France souhaite diversifier des relations commerciales avec le Nigeria pour l'heure essentiellement axées sur les produits pétroliers, en développant les échanges dans d'autres secteurs, en particulier l'agroalimentaire, la distribution et les infrastructures. Dans ce pays, la France a perdu à la fois en parts de marché et en influence politique depuis 30 ans (...), on n'a plus aucun coopérant dans les universités nigérianes, relève Marc-Antoine Pérouse de Montclos, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Des accords seront notamment signés avec l'Agence française de développement (AFD) pour l'électrification de la région d'Abuja et avec l'entreprise française Vergnet spécialisée dans l'éolien. L'AFD est en mesure de consacrer jusqu'à 650 millions d'euros sous forme de prêts en 3 ans au Nigeria, souligne l'Elysée. Jeudi soir, M. Hollande participera aux festivités du centenaire dans le stade de la capitale et repartira vendredi matin.

 



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