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Bangui: tentative d'évasion avortée de chefs anti-balaka

Ces miliciens anti-balaka ont été arrêtés lors d'une opération conduite par la Misca le 15 février 2014 à Bangui

 

Des dirigeants miliciens centrafricains anti-balaka ont tenté en vain dimanche, 13 février de s'évader de la prison de Bangui avec la complicité du chef de la prison, provoquant une intervention de la force africaine (Misca), a-t-on appris de sources concordantes. «Avec la complicité du chef de cette prison, des dirigeants du groupe anti-balaka (milices majoritairement chrétiennes) ont tenté de s'évader», a indiqué un communiqué de la Misca. «Leur tentative d'évasion a été déjouée grâce à la vigilance du contingent rwandais» de la force africaine.

 


© binuca.unmissions.org
Lors de la réhabilitation de la prison de Bangui le 15 février dernier
La tentative d'évasion a eu lieu vers 15h00. «Pendant cinq minutes, on a entendu des tirs puis plus rien pendant un bon moment et les tirs ont repris», a indiqué une expatriée vivant près de la prison. Des blindés de la Misca ont ensuite patrouillé dans le secteur. Des dirigeants anti-balaka ont indiqué que les prisonniers se plaignaient notamment du manque de nourriture. Ces miliciens anti-balaka ont été arrêtés lors d'une opération conduite par la Misca le 15 février 2014 à Bangui, a indiqué la force africaine.

Par ailleurs, des échanges de tirs dimanche soir à Bangui entre anti-balaka et des soldats tchadiens de la Misca ont fait des blessés des deux côtés, a-t-on appris de la force africaine et d'habitants. «Une unité tchadienne de la Misca basée en province qui revenait à Bangui pour se ravitailler a été la cible de jets de grenade dimanche soir de la part d'anti-balaka», a indiqué le colonel Bengone Otsaga, chef de la police de la Misca. Selon des habitants du quartier Combattant où ces violences ont éclaté, les échanges de tirs ont également fait plusieurs blessés du côté des anti-balaka. Le cycle infernal des tueries interreligieuses en Centrafrique a été déclenché par des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.

En réaction, des milices d'autodéfense majoritairement chrétiennes, les anti-balaka, se sont formées. Très rapidement, elles ont attaqué des civils musulmans, à Bangui notamment, entraînant un exode depuis décembre de dizaines de milliers d'entre eux. Les lynchages et et les pillages, que les soldats français de l'opération Sangaris et africains de la Misca ne parviennent pas à faire cesser, se poursuivent. Ces crimes ont conduit la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza à annoncer une "guerre" contre les anti-balaka.

 



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