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CPI: ouverture díun examen préliminaire sur des crimes commis en RCA

A Bangui, plusieurs personnes se disent soulagées de cette décision de la procureur, Fatou Bensouda de la Cour pénale internationale

 

La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a annoncé le vendredi 7 février l'ouverture díun examen préliminaire sur des crimes commis en Centrafrique depuis le mois de septembre 2012. Dans sa déclaration Fatou Bensouda a souligné que ses services ont déjà pris connaissance de nombreux rapports faisant état d'actes d'une extrême atrocité commis par divers groupes armés et des témoignages sur des crimes graves susceptibles de relever de la compétence de la CPI qui a déjà une enquête en cours relative à la Centrafrique. Mais après avoir pris connaissance d'éléments relatifs à la situation en République centrafricaine depuis septembre 2012, la procureure dit être parvenue à la conclusion que «les graves crimes présumés commis dans ce contexte constituaient une nouvelle situation, distincte de celle déférée à la Cour par les autorités centrafricaines en décembre 2004» et qu'il y avait lieu d'ouvrir un examen préliminaire à ce sujet. «Au cours des derniers mois, jíai émis un certain nombre de déclarations publiques exhortant tous les groupes armés à cesser immédiatement les violences et je les ai avertis que les auteurs présumés de crimes atroces relevant de la compétence de la CPI pourraient être tenus responsables de ces actes à titre individuel», a rappelé Fatou Bensouda.

 


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Mme Bensouda, procureur de la CPI
La situation en Centrafrique s'est détériorée après le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par la Séléka, une coalition de plusieurs factions rebelles qui avaient pris les armes fin 2012. La milice de la Séléka, essentiellement des musulmans originaires du nord de la Centrafrique, du Tchad et du Soudan, avait ensuite multiplié pendant des mois les exactions contre la population, très majoritairement chrétienne. Le pays a sombré depuis dans une spirale infernale de violences, avec l'apparition de milices paysannes décidées à se venger de la Séléka comme des civils musulmans, alimentant un cycle de représailles sans fin.

"J'ai donc décidé d'ouvrir un examen préliminaire", a ajouté Mme Bensouda, procureur de la CPI: "la situation tragique que connaît la population civile en RCA (République centrafricaine) depuis septembre 2012 n'a cessé de se détériorer". En janvier, l'Union européenne a approuvé une opération militaire européenne en Centrafrique, où elle enverra 500 hommes en appui aux forces africaines (5.500 hommes) et françaises (1.600 hommes) déjà présentes sur place. Le 16 janvier, l'ONU avait appelé à agir pour éviter un génocide.

Dès sa prise de fonction Fatou Bensouda avait à plusieurs reprises menacé de poursuites les auteurs d'exactions et des crimes commis en 2012, date de la création de la rébellion de líex-coalition Séléka. A Bangui, plusieurs personnes se disent soulagées de cette décision de la procureur de la CPI et de demander que «les présumés responsables répondent le plus rapidement de leurs actes au lieu de les amnistier». Cet examen préliminaire est l'étape nécessaire avant l'ouverture d'une enquête officielle de la part du procureur de la CPI et au vu des résultats de cet examen préliminaire, une deuxième enquête officielle pourrait alors être ouverte.

 



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