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Bangui: une dizaine de personnes tuées dans le 5ème arrondissement

Le commandant en chef de la Misca, le général camerounais Martin Tumenta Chomua, a menacé samedi les groupes armés de recourir à la force pour arrêter les assassinats

 

Un calme précaire règne en ce moment dans la capitale après líintervention des militaires de la MISCA et de la Sangaris qui sécurisent la localité. Selon des témoins, il síagit díun musulman qui aurait tué cinq chrétiens avec son arme. Prise de colère la population síen est prise à lui et díautres membres de la communauté musulmane. Selon díautres témoins, cette flambée de violence a éclaté samedi soir aux abords de la mairie du 5e arrondissement, au centre-ville, avec cinq personnes tuées dans des circonstances non établies, puis trois autres dans des affrontements interreligieux, et une neuvième par des soldats de la force de líUnion africaine (Misca), selon des témoins. Au total ce sont une dizaine de personnes qui ont été tuées ce dimanche 9 février, dans cette localité de Bangui, avec pour conséquence, líassassinat díun parlementaire. Depuis quelques semaines, le quartier du 5ème arrondissement est devenue le théâtre de violence et pillage, avec plusieurs personnes ont été tuées.

 


© afp
Les proches de deux personnes tuées dans le 5e arrondissement à Bangui veillent les morts, le 9 février 2014
Dimanche matin, des soldats français et des gendarmes centrafricains avaient pris position, au milieu de ruines de commerces encore fumantes, dans le 5e arrondissement livré aux pilleurs et survolé par un hélicoptère de combat français. Ces affrontements accompagnés de pillages à grande échelle dimanche à Bangui, interviennent au moment où le ministre français de la Défense a débuté au Tchad une nouvelle tournée largement dédiée à la Centrafrique. Cíest ainsi que dans líaprès-midi du dimanche, 9 février cíest un membre du parlement provisoire centrafricain, Jean-Emmanuel Ndjaroua, qui a été assassiné dans le 4e arrondissement de la capitale, selon la Ligue centrafricaine des droits de líHomme (LCDH). Peter Bouckaert, de líONG Human Rights Watch, qui a également fait état du lynchage à mort díune onzième personne - musulmane ou chrétienne, selon des sources contradictoires - près du marché central.

«La nuit, cíétait terrible»
Selon des habitants, après la mort de cinq personnes samedi soir, une femme chrétienne de ce quartier mixte a été tuée par un musulman. Son agresseur a été capturé et tué, et son cadavre brûlé devant la mairie. Son corps calciné gisait dimanche au milieu de la route. Un deuxième civil musulman a ensuite été tué et son meurtrier síapprêtait à jeter le cadavre dans un brasier quand les soldats rwandais de la Misca ont ouvert le feu, a raconté Innocent, un habitant du quartier. «Ils líont tué», a accusé Innocent, síexprimant au milieu díune foule surexcitée criant «A mort les Rwandais». «Les Rwandais sont tous des musulmans! Dehors, les Rwandais!», hurlait une femme, tandis que crépitaient des rafales de kalachnikov, díorigine indéterminée. Dans la mairie du 5e arrondissement, une dizaine de soldats rwandais étaient retranchés: «la nuit, cíétait terrible», a dit líun díeux à líAFP.

En fin de matinée, malgré les remontrances des militaires français, des bandes de jeunes pillards continuaient de venir se servir, certains avec des brouettes ou des charrettes, se glissant entre les blindés. «Les Français ne vont pas nous tirer dessus», assurait en riant líun díeux, un jeune coiffé díun bonnet. Selon une source militaire française, les pillages ont finalement été contenus à la mi-journée. Le commandant en chef de la Misca, le général camerounais Martin Tumenta Chomua, a menacé samedi les groupes armés de recourir à la force pour arrêter assassinats, lynchages et pillages.

 



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