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Jean-Baptiste Koba: "les Centrafricains sont victimes des politiques"

L’homme politique centrafricain est le président du Mouvement de l’évolution sociale de l’Afrique noire (MESAN)

 

Récemment dans une intervention vous avez avancé que les Centrafricains ont perdu leur innocence, en quoi les Centrafricains auraient-ils perdu leur innocence?
Nous étions un pays dans lequel nous vivions dans la plus grande fraternité, aujourd’hui celle-ci se brise, nous nous regardons tous en chiens de faïence, nous nous agressons les uns les autres, et c’est dans ce sens que je dis que nous avons perdu notre innocence. L’innocence d’un pays qui jusqu’ici n’avait pas connu ce genre de drame extrêmement génocidaire, et c’est dans ce sens que nous l’avons perdue.

 


© journaldebangui.com
Jean-Baptiste Koba, le président du MESAN
Vous pensez la population centrafricaine se dirige vers un génocide aujourd’hui?
C’est peut-être un grand mot de pensez que notre pays est génocidaire, nous disons que les conditions s’y prêtent. Il faudrait faire attention qu’il n’y ait pas cette étincelle qui nous ferait basculer dans ce genre de situation

A quel niveau se situe la ligne à ne pas franchir, maintenant que les violences sont le quotidien des populations? Quel est le discours à ne pas avoir?
Il faudrait cesser de considérer que ce qui se passe aujourd’hui en Centrafrique est un conflit religieux. Il n’en est pas un. Les Centrafricains sont tout simplement victimes des politiques. C’est la politique qui a entraîné ce genre de situation qui pourrait laisser croire que nous avons un problème religieux.

Vous êtes un homme politique, quelle est votre responsabilité aujourd’hui?
J’essaie de l’être de la manière la plus honorable qu’il soit. Sachez que je n’ai pas cette responsabilité-là, puisque je n’ai jamais été aux affaires, et j’appartiens aujourd’hui à une nouvelle génération d’hommes politiques qui essaient de faire les choses différemment.

Je pense que deux personnes qui mangent peuvent plus facilement fraterniser que deux personnes qui meurent de faim.
Jean-Baptiste Koba

 

L’héritage que vous portez, il n’est pas trop lourd?
L’héritage de Barthélémy Boganda est extrêmement lourd, je vous le confirme! Il faudrait faire preuve d’une certaine prétention que de pouvoir croire que l’on est capable de construire et poursuivre le formidable destin de Barthélémy Boganda. En revanche, je suis surtout héritier de la pensée, des valeurs des principes de Barthélémy Boganda. Je ne suis pas le seul et tout les Centrafricains en sont porteurs.

Quel est votre souci aujourd’hui en tant qu’héritier du Mouvement?
Mon souci est que les problèmes que nous avons aujourd’hui sont liés à une chose, c’est l’échec économique de la RCA. Je pense que deux personnes qui mangent peuvent plus facilement fraterniser que deux personnes qui meurent de faim.

La transition n’est pas parfaite
Jean-Baptiste Koba


Quand à la thématique de la cohésion sociale, est-ce qu’elle vous parle?
La cohésion sociale, la cohésion nationale résultent d’un retour à l’ordre constitutionnel, d’une nouvelle génération qui viendrait aux affaires, et qui aurait pour mission justement de construire cette cohésion nationale. Dans tous les cas, cohésion nationale et/ou sociale sont à construire et à réinventer en Centrafrique.

Est-ce que la Transition de Mme Samba-Panza, vous donne un espoir?
La transition n’est pas parfaite. C’est une évidence, mais ce petit espoir que nous avons, parce que nous avons quand même un mécanisme, un processus, qui devra nous menez aux élections, il faut lui donner sa chance. Et avec l’aide internationale, et en étant vigilant évidement, c’est le travail en tant que président du Mesan et c’est le travail que font les partis politiques, soyons vigilants, encadrons cette transition là et faisons en sorte que cette fois-ci, elle ne soit pas dévoyée et qu’elle aille jusqu’au bout.

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On m’en voudrait de ne pas poser la question, vous serez au RDV des prochaines échéances électorales?
Je ne peux pas répondre pour le moment à cette question. Le moment venu le parti que je dirige choisira et dira qui nous représentera pour ces échéances électorales.


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