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Bangui: le ministre français de la Défense arrive dans la capitale centrafricaine

Jean-Yves Le Drian effectue à partir du 09 février une tournée en Afrique centrale qui le conduira au préalable à N'Djamena et Brazzaville

 

Le ministre sera dimanche à N'Djamena, lundi et mardi en République du Congo, et mercredi à Bangui. Il s'agira de sa troisième visite en Centrafrique depuis le début en décembre de l'opération militaire française Sangaris pour tenter de stabiliser le pays. A Bangui, M. Le Drian s'entretiendra notamment avec la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza. Le ministre français a par ailleurs estimé, hier jeudi, 6 février, quíune prolongation du mandat des forces françaises en Centrafrique par l'ONU au-delà de la période initiale de six mois est "vraisemblable". "Nous avons un mandat des Nations unies pour six mois. Après, il est renouvelable. Il faut qu'à la fin de l'histoire il y ait une mission des Nations unies elles-mêmes, c'est-à-dire que les Casques bleus viennent, sinon ce pays, qui est soumis à des atrocités régulières, risque de tomber dans le chaos et c'est très dangereux qu'un pays au centre de l'Afrique à proximité des zones à risque comme le Sahel, la Corne de l'Afrique et les Grands Lacs, s'effondre", a déclaré le ministre.

 


© africatime.com
Jean Yves le Drian et le général Sorano
La résolution adoptée le 5 décembre prévoit la préparation de la transformation éventuelle de la mission africaine (Misca), présente au côté des forces françaises, en une "opération de la paix des Nations unies." Interrogé sur la situation, M. Le Drian a répondu: "On revient de très loin. On a même évité le pire dans ce pays d'un peu plus de 4 millions d'habitants où le quart de la population est déplacé, où il y a des exactions depuis plus d'un an, des massacres à répétition, des situations dramatiques, épouvantables, avec une situation humanitaire catastrophique". "Notre rôle a permis de faire baisser la tension sur Bangui, il a permis aussi progressivement à la force africaine de s'installer" mais "on est encore loin du compte". "A Bangui, la situation est à peu près stabilisée même s'il y a encore des exactions régulières. Sur le reste du territoire, c'est beaucoup plus compliqué". "A partir du moment où la force européenne va arriver, où la force africaine commence à se structurer - il y a 6.000 militaires africains actuellement -, on pourra être plus présent sur l'ensemble du territoire centrafricain pour, là-encore, par notre seule présence et par les patrouilles que nous faisons, faire baisser la tension et préparer la transition politique" censée déboucher sur des élections, a ajouté M. Le Drian.

Début décembre, le président français François Hollande avait prédit que l'intervention française, avec comme mission prioritaire de "désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations" serait "rapide" et "efficace". En vertu de la Constitution française, l'Assemblée nationale doit se prononcer par un vote sur l'opération française en Centrafrique, dès lors que celle-ci dépasse quatre mois. Initialement prévu le 26 février, ce vote interviendra finalement un jour avant, le 25, a annoncé mercredi le gouvernement français.

Déjà à N'Djamena, dimanche 09 février, le ministre français de la Défense, verra le président tchadien Idriss Déby. Lundi, le ministre doit se rendre à Pointe-Noire, en République du Congo, pour se faire présenter le dispositif de protection maritime destiné notamment à lutter contre la piraterie. Il visitera à cette occasion la plateforme du groupe pétrolier français Total installée au large de Pointe-Noire. Mardi, il participera aux manifestations marquant le 25e anniversaire du protocole de Brazzaville, qui ouvrait la voie à la paix en Afrique australe. M. Le Drian s'est déjà rendu les 13 décembre et 3 janvier en Centrafrique, où la France a déployé environ 1.600 hommes le 5 décembre dans le cadre de l'opération Sangaris.

 



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