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Centrafrique: les ex-rebelles Séléka cantonnés à Sibut ont pris la fuite

Armés et livrés à eux-mêmes, ces combattants pourraient continuer à piller et à se servir sur le dos de la population, avec des régions entières sans présence de l'Etat

 

Les ex-rebelles Séléka qui avaient accepté d'être cantonnés dans la ville de Sibut, à 180 km de Bangui, qu'ils tenaient depuis plusieurs jours, ont fui dans la nuit de samedi à dimanche, a déclaré un responsable militaire africain. «Ils ont malheureusement pris la poudre d'escampette dans la nuit, ils sont partis vers Kaga Bandoro, à 160 km au nord de Sibut, a affirmé un officier de la force de l'Union africaine (Misca) «Ce sont les conditions de cantonnement qui, visiblement ne leur convenaient pas», a-t-il précisé. Le colonel Abdelkader Djelani, un officier des Séléka qui ont quitté Sibut, a expliqué que les ex rebelles ne se sentaient pas en sécurité. «On veut des solutions, et un cantonnement vraiment sécurisé. Dans Bangui, les Séléka cantonnés au camp RDOT (situé à la sortie nord de la ville) sont attaqués par les anti balaka», milices d'autodéfense luttant contre les ex-rebelles à majorité musulmane.

 


© afriquinfos.com
A l'entrée de la ville de Sibut
Lourdement armés, ces combattants musulmans étaient commandés par Mamadou Rakis, ancien directeur général adjoint de la police centrafricaine de l'ex-président Michel Djotodia, et ont commis des exactions contre la population, selon une source de la gendarmerie centrafricaine. Selon un responsable des Sangaris, 99% de la population avait fui en brousse, estimant à une centaine le nombre d'ex-Séléka à Sibut. Des habitants cachés en brousse depuis l'arrivée de la Séléka se sont réfugiés près des soldats français. «On va d'abord aller dans nos champs et, si c'est calme, dans nos maisons. Les Seléka ont été très violents avec nous», a déclaré l'un d'eux, Innocent.

Combattants livrés à eux-mêmes
Une source diplomatique avait expliqué jeudi «quíil y a eu une redistribution des cartes au sein de la Séléka» depuis la démission contrainte, le 10 janvier, de son chef Michel Djotodia. En début de semaine, les ex-Séléka, ont été évacués des divers camps qu'ils occupaient dans Bangui et regroupés dans un camp à la sortie nord de la capitale. Beaucoup ont toutefois préféré fuir la ville avec armes et bagages, sillonnant désormais les routes sans aucun contrôle. «Ceux qui restent à Bangui ne sont que le résidu de la Séléka. Ils sont entre 1.500 et 2.000. Le gros des troupes est parti avec armes et bagages», assure Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale au centre de réflexion International Crisis Group. Pour les Séléka, harcelés dans plusieurs localités de province par les anti-balaka, le regroupement dans certaines places fortes est aussi un moyen de se défendre. Armés et livrés à eux-mêmes, il fait peu de doute que ces combattants continueront à piller et à se servir sur le dos de la population, dans ce pays de 622.00 km2, avec des régions entières sans présence de l'Etat.

«Prêts à déposer les armes, mais ça dépend des conditions»
Les combattants, environ 200 d'après la source de la Misca, abandonnés par leurs généraux, ne semblaient pas vouloir affronter les forces internationales. «Nous sommes prêts à déposer les armes mais ça dépend des conditions», avait déclaré le colonel Djelani. La Misca poursuivait pendant ce temps son opération de sécurisation de Sibut. «Nous tenons la moitié sud de la ville, nous sommes actuellement en manúuvre et progressons vers le nord, sans rencontrer de résistance», a souligné l'officier de la Misca, dont les éléments patrouillent aux cotés de la force française Sangaris, présente en appui. Les ex-rebelles Séléka dont le regroupement dans Sibut, ville clé au nord de Bangui, pouvait fragiliser le nouveau pouvoir centrafricain avaient accepté pacifiquement samedi d'être cantonnés par la force africaine.

 



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