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Centrafrique: un chef anti-Balaka protège les civils musulmans

Patrice Edouard Ngaissona est ancien ministre de la Jeunesse et des Sports de l'ex président François Bozizé

 

Dès l'arrivée de journalistes, le «colonel Douze puissances», cheveux bardés d'épingles de nourrice et collier bourré de gris-gris, commandant sur le terrain, explose de colère à l'encontre des médias qui «disent rien de bon sur nous». Puis il s'apaise aussi vite, s'excuse et l'entretien avec le coordinateur politique du mouvement, de son vrai nom Patrice Edouard Ngaissona, ancien ministre (Jeunesse et Sports) de l'ex président François Bozizé, peut commencer.

 


© autre médias
Patrice Edouard Ngaissona, ancien ministre
De plus en plus de musulmans, sont traqués, tués, leurs maisons pillées. Vous ne pensez pas qu'il est temps d'arrêter ces violences maintenant que les ex-rebelles Séléka ont dû quitter le pouvoir?
Nous sommes pour que la paix revienne, pour le bien-être de tous les Centrafricains. Les anti-balaka ne sont pas à Bangui pour piller. Nous demandons aux forces de défense, à la Misca (force africaine), à Sangaris (force française) de monter à l'assaut des faux anti-balaka. Ce sont des voleurs, des bandits qui nous imitent avec de faux gris-gris. Les musulmans sont nos frères. Nous avons attaqué les mercenaires musulmans de la Séléka, mais il ne faut pas attaquer les musulmans civils. Nous sommes pour un processus de pacification.

Etes-vous satisfait de la nomination de la présidente Catherine Samba Panza, entendez-vous ses appels à la fin des violences?
On l'a applaudie quand elle a été élue. Mais elle a fait revenir en force des ministres Séléka (trois) dans son gouvernement, et même un vice Premier ministre (ministre d'Etat: Herbert Gontran Djono)! Alors que les anti-balaka ne sont pas représentés! Un ministre qui a volé sous Djotodia, qui a vidé le fonds minier (il était aux mines, accusé de corruption). C'est très bizarre. J'ai pris un coup à cette annonce. J'ai dû m'agenouiller devant mes enfants, longtemps, je les ai suppliés de ne pas aller tirer un coup de feu! Bon, on espère des postes techniques au sein du gouvernement, et on a les prochaines élections en vue.

De combien de combattants disposez-vous, et, dans la perspective des élections à venir, comptez-vous transformer votre mouvement en parti politique?
Dans Bangui, nous sommes aux alentours de 30.000, et en province 60.000. Membres des forces armées mais aussi civils. Ces civils, venus de loin, comment les ramener?, c'est un problème. Nous n'avons pas l'intention de nous transformer en parti politique. Mais nous demandons un équilibre au sein du Conseil national de transition (CNT, parlement), c'est la moindre des choses pour décider de l'étape suivante, des changements constitutionnels.

 



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