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Sommet de líUA: Mme Catherine Samba Panza nía pas reçu díinvitation

La Centrafrique a été suspendue de líorganisation depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par les rebelles de la Séléka

 

Le Soudan du Sud et la Centrafrique, deux pays ravagés par la guerre, seront les principaux sujets abordés au nouveau sommet de l'Union africaine (UA), qui se tient jeudi 30 et vendredi 31 janvier 2014 à son siège d'Addis-Abeba. Les débats seront ouverts ce jeudi matin par le président en exercice de l'UA, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, dont le pays transférera la présidence tournante de l'organisation à la Mauritanie. A l'origine, le sommet, devait avoir pour thème central «l'agriculture et la sécurité alimentaire». Mais les combats qui font rage au Soudan du Sud et les derniers développements en Centrafrique sont venus bouleverser ce programme. «Le fait que ces deux tragédies humanitaires s'étendent dans les deux pays, au moment où nous parlons de la ĎRenaissance de l'Afriqueí (le thème du cinquantenaire de l'UA l'an dernier), doit être douloureux pour chacun d'entre nous», a reconnu lundi le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom. «A moins que nous ne trouvions d'urgence une solution, la situation dans ces deux pays aura de graves conséquences sur la paix et la sécurité dans la région, voire pour l'ensemble du continent», a-t-il ajouté. Dans le même temps, cette crise centrafricaine a été et sera traitée (durant les deux jours) sans la présence des principaux concernés. En effet, la présidente de la Commission de líUnion africaine, Nkosazana Dlamini Zuma a exclu líidée díenvoyer un carton díinvitation à la nouvelle présidente centrafricaine Catherine Samba Panza, dont le pays a été suspendu depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par les rebelles de la Séléka.

 


© grazia.fr
Mme Catherine Samba-Panza, lors de son investiture à Bangui, le 20 janvier 2014
L'Union africaine en quête de financements pour la Misca
La crise centrafricaine est ainsi au cúur des préoccupations géopolitiques de l'Union africaine. Une conférence pour lever des fonds afin de financer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique aura ainsi lieu à Addis-Abeba le 1er février. La conférence des donateurs destinée au financement de la Misca, se tiendra en effet, en marge du 22e sommet de líUnion africaine, qui síest ouvert le 21 janvier dernier. Cet événement sollicitera la générosité de plus de 110 pays et organisations, alors que le budget prévisionnel de la Misca a été chiffré à 500 millions de dollars au cours de la réunion tenue le 28 janvier lors de la réunion du Conseil exécutif de líorganisation. Les délégués ont également émis le souhait de voir la Misca passer sous pavillon onusien dans un proche avenir.

L'ONU veut accélérer la transition politique en Centrafrique
Selon des diplomates, l'Union africaine (UA) est toujours réticente à laisser le contrôle des opérations à l'ONU. Elle souhaiterait que les Africains aient «le temps de faire leurs preuves» tandis que Washington et Londres rechignent à payer la facture. Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU, doit remettre fin février un rapport sur la possibilité de faire passer la Misca sous pavillon onusien. Le 20 janvier dernier, l'Union européenne a décidé de lancer en Centrafrique sa première opération militaire depuis six ans, en mobilisant 500 à 600 hommes en appui aux 4 000 soldats africains de la Misca et aux 1 600 Français déjà déployés. L'Espagne, la Belgique, l'Estonie ou la Pologne pourraient y prendre part. Par le biais de ce mandat de l'ONU accordé à la future force de l'Union européenne, la résolution donne aux Européens le droit de «prendre toutes les mesures nécessaires»: ils pourront donc faire usage de la force, pour se défendre et protéger les civils, un droit déjà accordé aux militaires africains et français.

«Des élections au plus tard en février 2015
La résolution qui doit être adoptée mardi, 28 janvier menace de sanctions ciblées «les individus ou entités (...) qui menacent la paix, la stabilité ou la sécurité en RCA (...) font obstacle au processus politique de transition [et] violent les droits de l'homme». Ceux qui bloquent la distribution de l'aide humanitaire ou transgressent l'embargo sur les armes à destination de la RCA, instauré en décembre par le Conseil de sécurité, sont également concernés. Les Nations unies mettent ainsi en place un régime précis de sanctions mais les personnes à punir devront être désignées ultérieurement. Aussi, le Conseil de sécurité stipule que les élections présidentielles et législatives devront être organisées «dès que possible, au plus tard en février 2015 et, de préférence, au second semestre de 2014».

La France milite depuis longtemps pour ce calendrier resserré. De son côté, la mission politique de l'ONU en Centrafrique, le Binuca, le Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en RCA, aidera à organiser ces scrutins. Le mandat de ce bureau est renouvelé pour un an et élargi : il devra aussi aider à rétablir un semblant d'administration capable de «fournir des services de base à la population». Il assistera la commission internationale créée par l'ONU pour enquêter sur les exactions commises par les ex-rebelles musulmans de la Séleka et leurs adversaires chrétiens anti-Balaka. La résolution recommande donc de «donner d'urgence au Binuca des moyens considérablement plus importants».

 



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