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Centrafrique: mobilisation pour 500 millions de dollars à l’UA

60 organisations internationales participeront à la Conférence des donateurs, du 22e sommet, qui se tiendra le 1er février 2014

 

Présente dans le pays par le biais d’une force d’intervention, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), l’Union africaine (UA) cherche à mobiliser 500 millions de dollars pour les besoins de cette opération militaire autorisée par les Nations Unies, lors d’une conférence des donateurs prévue samedi à Addis-Abeba en Ethiopie, selon des sources officielles. Un des principaux sujets de discussions lors des travaux du 22e sommet de l’UA débutés lundi par la session du Conseil exécutif, instance de concertation des ministres des Affaires étrangères réunie en prélude à la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement programmée jeudi et vendredi, la crise centrafricaine focalisera l’attention lors d’un réunion de crises du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’organisation panafricaine mercredi soir dans la capitale éthiopienne, d’après l’agenda officiel.

 


© binuca
Les forces Misca engagées en Centrafrique ont besoin de moyens suplémentaires

Présidé par le président guinéen Alpha Condé, dont le pays assure la présidence mensuelle du CPS, ce mini-sommet examinera les derniers développements du processus de transition politique en République centrafricaine (RCA) marquée par l’élection le 20 janvier de la maire de Bangui Catherine Samba-Panza à la fonction présidentielle, après la démission dix jours auparavant de Michel Djotodia, porté au pouvoir par son ex-alliance rebelle de la Séléka en mars 2013.Réclamée par la France, l’ex-puissance colonisatrice, cette démission de l’ex-chef rebelle, avec celle du Premier ministre du gouvernement d’union nationale Nicolas Tiangaye nommé par l’accord de Libreville du 11 janvier 2013, est un acte de contrainte imposé par un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) tenu les 9 et 10 janvier à N’Djamena au Tchad, suite à la persistance des violences meurtrières dans ce pays pauvre et enclavé, sans accès à la mer.

Programmée samedi, au lendemain de la clôture de la grand- messe des dirigeants du continent pour l’année 2014, la conférence des donateurs vise à mobiliser les 500 millions de dollars de budget prévisionnel pour les douze mois de mandat de la MISCA, a révélé mardi à Xinhua à Addis-Abeba, le directeur du département de la paix et de la sécurité, le Mauritanien El Ghassim Wane. Chargée d’aider à la sécurisation et la stabilisation de la capitale Bangui et du reste du territoire centrafricain, cette force a pris le relais le 19 décembre à Bangui de la Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC), une force d’interposition déployée depuis plusieurs années par la CEEAC, avec la Mission de consolidation de la paix en RCA (MICOPAX). Appréhendée par les observateurs comme une opération mal coordonnée avec à sa tête deux généraux, le Congolais Jean-Marie Mokoko et le Camerounais Martin Tumenta, respectivement chargés du volet politique et du commandement opérationnel, la MISCA est plutôt présentée par les officiels de l’UA comme un espoir de sortie de crise, avec l’opération française Sangaris, également en cours.

Forte de plus de 5.300 hommes actuellement sur 6.000 prévus, elle s’attend à boucler ses effectifs dans les prochaines à venir, de l’avis de M. Wane. « On peut réussir cette mission. Le seul défi, c’est les moyens. Les défis sont toujours difficiles, comme ça a été le cas en Somalie », a dit celui-ci dans un entretien à bâtons rompus dans les couloirs du siège de l’UA, entre deux réunions d’évaluation de la situation de la paix et de la sécurité sur le continent.
Pour l’heure, cette force est financée par les puissances étrangères, telles l’Union européenne (UE) à hauteur de 50 millions d’euros dans le cadre de la Facilité africaine pour la paix et les Etats-Unis pour un soutien indirect de 100 millions de dollars manifesté par l’assistance logistique et le transport, etc. , a fait savoir El Ghassim Wane.

En plus des 54 Etats membres de l’UA, 60 autres pays et organisations sont attendues à la conférence des donateurs de samedi, a poursuivi le responsable institutionnel. Avec des répercussions dans les pays voisins, le conflit centrafricain déclenché en décembre 2012 par l’offensive de l’ex- rébellion de la Séléka contre le régime de François Bozizé, renversé trois mois plus tard, a causé des milliers de morts et près d’un million de déplacés, et plongé dans le besoin d’assistance humanitaire environ 2,3 millions de personnes, soit la moitié des 4,6 millions de Centrafricains, selon les Nations Unies. Aggravé depuis la prise du pouvoir de Michel Djototia, il s’est mué en conflit intercommunautaire et interconfessionnel à travers l’affrontement entre les ex-Séléka en majorité musulmans et les milices d’autodéfense chrétiennes anti-Balakas (anti- machettes) jugées proches de l’ancien régime de Bozizé.

 



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