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Vincent Mambachaka: «la haine ne résoudra jamais le problème centrafricain»

Il est Directeur de l’Espace Linga Tere et membre du CNT

 

A quoi peut s’apparenter l’urgence d’agir en Centrafrique lors que l’on aspire a donné de la voix, même si l’on ne représente aucun parti politique, et que par la grâce à la force des choses, l’on arbore le mandat de Conseiller national, au sein de la Transition actuelle en Centrafrique. Journaldebangui.com relate ici les propos tenus par le Conseiller Vincent Mambachaka, lors d’un récent mini-colloque sur la Centrafrique à Paris. D’emblée, le Directeur de l’espace Linga téré dans le 8ème arrondissement de Bangui est revenu sur la grande polémique de l’heure qu’il faut corriger. Pour moi, il faut corriger cette dérive systématique, tous les centrafricains sont animistes. A 100%. A regardé de près quand on parle de milice chrétienne, ce n’est pas le cas. Tous les membres de ces groupuscules ont des gris-gris et pas la croix. Sur cette base animiste, il y a des gens qui se sont islamisés, il y a une partie du Nord Est de la RCA islamisée, de part l’histoire et tous les autres, une bonne partie des Centrafricains quelque soit leur ethnie, sont devenus chrétiens mais, elle continue à aller chez les féticheurs et guérisseurs. Qu’on ne vienne pas donc me dire que la société centrafricaine est bâtie en deux entités, où il y a une ethnie qui serait chrétienne et l’autre musulmane.

 


© journaldebangui.com
Le Conseiller national Vincent Mambachaka
Sur l’idée qu’un génocide serait en préparation en Centrafrique, voici l’avis du Conseiller Vincent Mambachaka. Il nous revient à nous Centrafricains de rétablir la vérité, de nous mobiliser pour dire «Non, cette manière de dire les choses, c’est donner à nos enfants, c’est créer au sein de la population, la haine de l’autre» c’est cela qui va détruire la nation centrafricaine. L’Etat Centrafricain n’existe plus à cause de la désorganisation de l’administration, des institutions. Dès l’instant où toi chef de l’Etat, responsable des institutions, PM n’arrivez pas à réunir votre gouvernement, n’arrivez pas à discuter des problèmes du pays, n’avez aucune force de défense, car un Etat c’est l’ensemble de toutes ses choses. Il n’y a pas de préfectures, de préfets, de sous préfets, de fonctionnaires qui travaillent. A partir de ce moment, vous compter être à la tête de quel Etat ?] Mais par contre, vous avez un peuple qui souffre. Beaucoup ont dit que c’était des Déplacés. Pour moi ce n’est pas le cas.

Le peuple a eu une résistance pacifique en occupant le tarmac de l’aéroport, en allant dans les Eglises, en allant dans la brousse, ils ont opposés une résistance pacifique pour arriver à ce résultat. C’est le peuple, et pas les opposants politiques, qui disait chaque jours «nous ne voulons plus»! Les politiques et hommes de la socité civile devraient en prendre de la graine de ce peuple-là, unis mobilisé partout qui a réussi, une première étape. C'est-à-dire contraindre, ceux qui nous ont imposés différents dirigeants, ces scénarios de sorties de crise, pour les contraindre à faire le sommet de Ndjamena. «Ça c’est la victoire du peuple» Il a contraint tous les Conseillers à faire le sommet de Ndjamena, y compris la France à intervenir.

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Après une telle diatribe très émouvante pour l’occasion, M. Vincent Mambachaka a invité les uns et les autres à une introspection, lui, y compris: maintenant, moi en tant que artiste à ma modeste manière, je nous invite à Zo Kwe Zo ; Unité, dignité, travail. Commençons à parler entre nous, en laissant de côté nos égos. La haine ne résoudra jamais le problème centrafricain. Pendant plusieurs décennies nous avons entretenu la culture de la destruction, depuis « merci Dako », les Français nous ont bloqués dans un processus où la jeunesse s’est soulevée en 1979 contre la dictature de Bokassa. Ils ont pris un chef d’état dans un avion ici, ils l’ont imposé à Bangui. Puis, ils nous ont jeté dans la rue en disant « détruisez » et c’est devenu « merci Dacko » comme aux premières heures de l’arrivée de la Séléka dans Bangui.

Depuis à chaque fois qu’il y a un mouvement, les jeunes et la population vont détruire, les productions injustement et indifféremment. Les opérateurs économiques centrafricains sont fatigués. Chaque fois, on nous entraine, on nous amène à détruire, tout ce que nous voulons construire, C’est pour cela que cette crise doit être pour chacun d’entre nous la dernière. Vous avez donné des solutions, ça passera par l’éducation, la transformation des mentalités, par des fora, des carrefours, il faut débattre, il faut que les gens votent utiles et pas parce que tel a donné des T-shirts, de l’argent ou du sel. C’est de cette manière que nous parviendront à une alternance politique souhaitée par la jeunesse centrafricaine, à un renouvellement de la classe politique sur laquelle s’appuyer, car il y a des jeunes pires encore. Il y a ceux-là qui n’hésitent pas à donner des machettes à d’autres jeunes. Enfin, accepter toute votre haine, pardonner aussi, mettez-vous autour d’une table, c’est à ce prix qu’à l’image de Mandela, nous pouvons reconstruire, la Centrafrique.


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