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Centrafrique: la formation du 3ème gouvernement de transition

Au moins un représentant des milices anti-balaka a été nommé dans la future équipe dirigeante du Premier ministre centrafricain André Nzapayeke

 

Le 3ème gouvernement díunion national pour la Transition, composé de 20 ministres dont sept femmes, conserve plusieurs figures connues du précédent, tels que Herbert Gontran Djono Ahaba aux Travaux publics, ou Marie Noël Koyara au Développement rural, tous deux proches de l'ancien président Michel Djotodia. Parmi les figures de l'ex-rébellion Séléka, qui avait pris le pouvoir en mars 2013, on retrouve notamment Arnaud Djoubaï-Abazène aux Transports et Abdallah Hassan Kadre, précédemment à l'Economie, aux Télécommunications. Les ministères de la Défense et de la Sécurité publique reviennent quant à eux à deux militaires issus de l'ancienne armée nationale, le général Thomas Timangoa et le colonel Denis Wangao. Les milices chrétiennes anti-balaka sont également représentées, avec Léopold Narcisse Bara à la Jeunesse et aux Sports.

 


© journaldebangui.com
L'équipe Catherine Samba Panza/André Nzapayeké est connue
Les critères du Premier ministre
La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza et son Premier ministre, André Nzapayeké, nommé samedi, préparent désormais le programme de pacification que le nouveau gouvernement devra appliquer en urgence face à la poursuite des violences entre chrétiens et musulmans. Pour le Premier ministre André Nzapayéké, en choisissant son équipe, il fallait poursuivre sur líélan de líélection de la présidente Catherine Samba-Panza et tenir compte des réalités du terrain, et notamment de la situation «extrêmement complexe» dans le pays. «Nous avons essayé de concilier deux choses: sélectionner, dans la mesure du possible, des technocrates, des personnes compétentes mais aussi tenir compte des réalités politiques et des rapports de force dans le pays, a expliqué le Premier ministre à RFI. Líautre critère, cíest la probité morale. Nous avons demandé que les services judiciaires et le ministère de líIntérieur fassent des enquêtes de moralité et cela nous a permis aussi de nous orienter vers des personnes auxquelles on ne reprochait, à líheure actuelle, rien du tout».

Un gouvernement représentatif ?
Díaprès une analyse RFI, en formant son équipe, André Nzapayéké a tenté de respecter toutes les tendances. Pour líex-Seleka, le satisfecit est complet. Líex-rébellion conserve trois ministères dont celui de líUrbanisme. La Seleka revendiquait le ministère de la Défense quíelle nía finalement pas obtenu. Le général Thomas Théophile Timangoa auquel revient le portefeuille, est issu des forces armées centrafricaines. Mais il bénéficie de la confiance de líex-rébellion. Cíest un gouvernement de technocrates. La compétence a primé, estime líun de ses leaders nommé au gouvernement.

Du côté des anti-balaka, le ton est nettement moins positif. La seule personnalité censée les représenter au gouvernement est Léopold Narcisse Bara, nommé ministre de la Jeunesse et des sports et de la culture. Mais líhomme est loin de faire líunanimité au sein du mouvement. Comme promis, líéquipe est en tous cas resserrée, passant de 34 à 20 membres. Catherine Samba-Panza voulait respecter la parité, finalement sept femmes font leur entrée au gouvernement. Par ailleurs, juste avant líannonce du gouvernement, les 600 soldats de líex-Seleka du camp Dorou en centre-ville ont été transférés à demande de la communauté internationale au PK12 à la sortie de la ville. Une décision imposée, selon un membre du gouvernement, pour la sécurité des nouvelles autorités.

 



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