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Centrafrique: une experte indépendante sur la situation des droits de l'homme

Le Conseil des droits de l'homme a nommé l’Ivoirienne Marie Thérèse Keita Bocoum, lundi, 20 janvier à Genève

 

La session spéciale du Conseil des droits de l’Homme organisée pour nommer un expert indépendant sur la Centrafrique, s’est tenue hier lundi à Genève. Ce poste a été attribué à l’issue de la session à l’experte ivoirienne Marie-Thérèse Keita Bocoum, qui a occupé dans le passé le poste de Rapporteur spécial de l’ONU sur le Burundi. Elle a également dirigé les sections des droits de l’Homme du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest (Unowa) et de la Mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (Unamid). Le Conseil a adopté une résolution dans laquelle il appelle instamment à un arrêt immédiat de toutes les violations des droits de l'homme et des actes de violence commis par toutes les parties et demande à la communauté internationale d'aider les autorités nationales et les pays d'accueil voisins à assurer la protection et l'assistance de ceux qui fuient la violence. Le Conseil a demandé à toutes les parties de collaborer pleinement avec l'experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine, qui est invitée à effectuer d'urgence une visite dans le pays et à faire un compte rendu oral de la situation au Conseil à sa session de mars 2014.

 


© ohchr.org
Le secrétaire général de l'ONU, dans un message adressé lundi matin au Conseil, qualifie la situation en Centrafrique de "crise ayant des proportions dramatiques qui requiert une action immédiate et concertée". Je remercie le groupe africain pour avoir pris l’initiative d’organiser la session sur la Centrafrique – une crise aux proportions épiques qui requiert une action immédiate et concertée, a souligné Ban Ki-moon, dans un message lu par le directeur de l’ONU à Genève, Michael Moeller. La RCA (République centrafricaine) s’est effondrée (…), la crainte envahit le pays, a-t-il rappelé. Le pays est plongé dans le chaos depuis la prise du pouvoir par les armes en mars 2013 par la rébellion majoritairement musulmane de la Séléka, et des affrontements opposent régulièrement des membres des communautés musulmane et chrétienne. Il y a certes un risque de génocide et ce risque va crescendo si rien n’est fait pour rétablir les attributs d’un État et aider les populations à avoir le minimum, a averti l’ambassadeur centrafricain auprès de l’ONU, Leopold Ismaël Samba. Il faut donc une approche holistique, mieux un plan Marshall si l’on veut sauver ce pays et éviter que la gangrène qui le frappe ne se propage chez les voisins de la sous-région, a-t-il dit.

La Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Mme Navi Pillay, a indiqué que la mission qu'elle a envoyée en République centrafricaine en décembre a pu constater que des violations des droits de l'homme ont été commises à grande échelle tant par l'ex-Séléka que par les antibalaka, des crimes sexuels ont été commis par les deux camps, mais surtout par l'ex-Séléka. Pour Mme Pillay, une réponse plus robuste à cette crise est urgente pour protéger les civils, empêcher d’autres violences, mettre fin à l’impunité et promouvoir la réconciliation. Elle a également souligné que le désarmement des Séléka semble avoir laissé les communautés musulmanes dans une situation de vulnérabilité. Par ailleurs, elle a indiqué que des témoignages allèguent d’une implication de certains soldats de la Fomac/Misca (Force multinationale d’Afrique centrale/Mission internationale de soutien à la Centrafrique) dans le meurtre de civils chrétiens, qui devra faire l’objet d’enquêtes supplémentaires. Forte d’environ 4.400 hommes, la Misca compte un important contingent de soldats tchadiens, régulièrement accusés par la population de complicités avec les ex-Séléka.

 



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