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Charles Malinas: «les besoins alimentaires restent immenses»

Pour la première fois, l'ambassadeur de France à Bangui, fait le point sur la situation sécuritaire et humanitaire en République centrafricaineÖ

 

La situation sécuritaire síaméliore-t-elle en Centrafrique? Le chef des opérations humanitaires de l'ONU, John Ging, a évoqué jeudi le risque díun «génocide»Ö
La situation sécuritaire est en légère amélioration. Líarrivée de la force militaire française Sangaris et de la Misca [Union africaine] a permis de réduire les tensions par pallier depuis début décembre. Aujourdíhui, les tensions entre groupes armés sont réduites pratiquement à néant. Il níy a presque plus de tirs entre ces factions. En ce qui concerne les lynchages et règlements de comptes au sein de la population civile, qui ont amené aux propos de John Ging, la situation se détend. Les exactions entre groupes de populations en raison de leur appartenance ethnico-religieuse sont en régression.

 


© internazionale.it
L'ambassadeur Charles Malinas, lors de sa descente sur le terrain à Bossangoa
En revanche, des voyous pillent davantage. La criminalité de droit commun augmente. Les pillages la nuit sont díautant plus faciles que les gens continuent de dormir dans des regroupements qui síapparentent à des camps de réfugiés, comme celui de líaéroport de Bangui. Cela peut amener à des morts si un gardien, par exemple, défend une maison. Environ la moitié des homicides est liée à cette criminalité de droit commun.

LíAFP évoque des cas de cannibalisme à Bangui. Les confirmez-vous?
Tout est parti díune vidéo dans laquelle on voit une personne mordre ou faire semblant de mordre dans un membre humain calciné. Mais je níai rencontré personne qui ait été témoin de tels actes. Des cadavres ont en revanche été retrouvés mutilés.

La situation humanitaire se stabilise-t-elle?
Elle varie selon les camps de regroupements, autour des mosquées, des églises ou à líaéroport. Dans ce dernier, la situation síaméliore parce que le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HRC) a réussi à aménager il y a un peu plus díune semaine un site de distribution de nourriture et de produits de première nécessité en déplaçant environ 15.000 personnes. Dans le 5e arrondissement de Bangui où vivent 100.000 personnes et qui recouvre des quartiers difficiles, la force Sangaris, la Misca et le maire ont sécurisé depuis vendredi matin trois espaces qui peuvent servir de refuges. En cas de danger, la population est invitée à síy réfugier. Ce qui permettra de désengorger líaéroport où les conditions díhygiène restent très mauvaises.

Sur líensemble du pays, les besoins alimentaires restent immenses: les paysans ont abandonné leur champ à cause de líinsécurité et les voies de communication, notamment la route du Cameroun, sont difficilement praticables à cause des barrages des «coupeurs de routes». Líefficacité de líaide humanitaire dépendra des résultats de líélection du président lundi. Si le chef de líEtat travaille et relance la machine étatique, cette aide arrivera de façon plus ordonnée.

 



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