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Mme Lydie Nzengou koumat-Gueret: «la classe politique centrafricaine est vieillissante»

Elle est la Secrétaire générale du Mouvement centrafricain pour la Rupture

 

La femme politique est revenue sur la question des couloirs humanitaires que le nombre important de forces militaires présentes à Bangui n’arrive pas à mettre en place. «Pourquoi n’avoir pas penser en premier lieu à avoir un couloir humanitaire pour s’occuper des populations qui sont déplacées, à l’intérieur de la RCA qui se trouvent dans la brousse, la forêt et un peu partout?» Pour l’instant, lui a-t-on répondu, l’urgence de Bangui, pour lesquelles les populations sont accessibles n’a pas encore trouvé de solutions, face à l’insécurité toujours persistante. Pour les populations de l’arrière-pays et des autres préfectures (provinces ou régions) concrètement, les humanitaires ne savent pas ce qui s’y passe.

 


© journaldebangui.com
Mme Lydie Nzengou koumat-Gueret du MCR
Sa contribution à la rencontre
Le problème en Centrafrique, comme un peu partout en Afrique est que nous n’avons pas d’institutions qui soient fortes et solides, nous ne les créons pas parce qu’à la tête de nos Etats, nous n’avons pas d’hommes intègres, capables, compétents et possédant une expertise. Il faudrait maintenant une nouvelle élite. Comment pouvons-nous faire, nous ici en France, pour nous mettre ensemble et constituer cette nouvelle Elite pour rentrer en RCA et participer à la construction du pays ? Je pense que le moment est arrivé, la classe politique est vieillissante, elle a montré ses limites, il faut la renouveler. Chacun a sa place. Maintenant, comment nous mettre tous ensemble pour rentrer à Bangui, en Centrafrique et construire le pays ? Il ne se résume pas uniquement à Bangui, Il faut une décentralisation.

A propos d’une longue stabilité de la Centrafrique
Je relève qu’il y a eu la MINURCA, (Mission des Nations Unies en Centrafrique), il y avait un problème. Tout ce qui arrive maintenant est une continuité de ce qui a existé, il y a de cela un peu plus de dix ans. A mon avis, la MINURCAT est partie trop tôt, les problèmes n’étaient pas résolus, rien n’avait été fait, (après les épreuves de Bemba et des Banyamulungués ndlr). Qui dit que cette fois-ci, cette nouvelle Mission des nations unies qui va venir (le Tchad ne peut pas indéfiniment s’y opposer) ne va pas encore partir très tôt parce qu'il y aura des problèmes financiers, de participations… etc. ? Je ne sais pas comment l’on peut faire pour que cette mission qui va arriver en Centrafrique puisse s’occuper de choses bien précises.

Toujours pour cette mission, il ne peut pas y avoir de réconciliation sans réparation, il faudrait que ce volet se mette en place. Nous ne devons pas attendre que toutes les forces des Nations unies soient installées pour démarrer cette machine. Nous savons que Djotodia est à Cotonou. Nous devrions nous y mettre. Mettons la machine en marche. Il n’y a pas que lui. Tous ceux qui ont collaboré avec lui doivent rendre compte de leurs agissements. Il y a eu trop de morts en RCA. Ce qui s’est passé, c’est du jamais vu! Il faudrait que ce soit la seule et dernière fois en Centrafrique.


Vis-à-vis des élections
En ce qui concerne les élections, je sais que les délais d’organisations sont au moins de deux années. Comment veut-on que la RCA aille aux élections en moins d’une année? C’est impossible ! Comment peser, faire peser de nos voix pour que les élections en RCA puissent avoir lieu quand il faudra qu’elles puissent avoir lieu ? Tout a été détruit, qui ira élire qui ?

 



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