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Centrafrique: la candidature de Nguendet désavouée

Les conseillers nationaux de la Transition et les miliciens anti-Balakas ont émis un «véto» contre la candidature du président du CNT

 

La candidature du président par intérim Alexandre-Ferdinand Nguendet, par ailleurs président du Conseil national de transition (CNT, Parlement priorise mis en place en 2013), parmi sept autres postulants au poste de président de la Transition en République centrafricaine (RCA), est a reçu des avis défavorables de la part de ses pairs conseillers nationaux et les milices d'autodéfenses chrétiennes anti-Balakas (anti-machettes). Ancien député de l'Assemblée nationale élue en 2005 pour un mandat clôturé en 2011, Nguendet préside le CNT depuis sa création en juin 2013 après la prise du pouvoir de Michel Djotodia et son ex-rébellion Séléka trois mois auparavant à Bangui. Il est présenté comme un proche du président de la transition démissionnaire depuis vendredi, 10 janvier 2014, ainsi que de son ex-alliance rebelle. «Si Nguendet prend la place de Djotodia, la lutte que le peuple a mené n'aura pas abouti», a indiqué un membre de l'organe législatif provisoire qui avait pris part au sommet extraordinaire de la Communauté économique des états d'Afrique centrale (CEEAC) les 9 et 10 janvier derniers à N'Djamena, au cours duquel Michel Djotodia et Nicolas Tiangaye, Premier ministre du gouvernement d'union nationale et de transition, nommé par l'accord politique inter centrafricain conclu le 11 janvier 2013 à Libreville au Gabon, ont été contraints à la démission.

 


© lamontagne
Le président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet sur la sellette!
Selon ce conseiller national de la transition, le président par intérim désigné pour une durée de 15 jours, en conformité avec la Charte constitutionnelle (Constitution provisoire adoptée en août 2013) après cette démission, n'est pas différent de Michel Djotodia que le peuple a chassé. «Donc pour nous, lui aussi doit partir, il n'est pas l'homme recherché par le peuple centrafricain, a-t-il affirmé. «S'il veut faire acte de candidature, il doit démissionner comme président intérimaire et président du CNT. Et s'il échoue, il redevient simple conseiller national», note pour sa part Gervais Lakosso, coordonnateur du groupe de travail de la société civile centrafricain.

Les milices d'autodéfense chrétiennes, hostiles au pouvoir de Michel Djotodia, viennent elles aussi de contester, par un communiqué de presse, la candidature d'Alexandre-Ferdinand Nguendet. «Les anti-Balakas notent que Nguendet n'est pas différent de Djotodia. S'il persiste, nous allons immédiatement reprendre les hostilités. D'ailleurs, nous níavons pas encore dépensé le quart de notre énergie», précise le communiqué. Ces groupes armés qui continuent de semer la terreur à Bangui et d'autres villes centrafricaines affirment douter de la crédibilité du future vote, pour la simple raison que, selon eux, la majorité des conseillers nationaux ont été coptés par Michel Djotodia. Pour Lévy Yakété, leur coordonnateur dans la capitale, «Monsieur Nguendet joue avec le feu et nous lui demandons d'arrêter».

Le CNT a débuté des travaux devant aboutir à l'élection d'un nouveau président de la transition lors d'une session spéciale ouverte mardi à Bangui. Ce vote est annoncé pour jeudi et la transition de serment du nouveau dirigeant pour samedi, 18 janvier. Ce choix devra être entériné par le Groupe de travail international sur la Centrafrique composé des partenaires au développement. Une fois en place, le nouveau chef de l'Etat de la transition nommera un Premier ministre qui sera chargé à son tour de former un nouveau gouvernement d'union nationale et de transition. D'ores et déjà, l'agitation a de nouveau gagné la classe politique centrafricaine, comme lors de la formation du précédent cabinet dirigé par Nicolas Tiangaye avant la chute du régime de François Bozizé en 2013.

 



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