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Centrafrique: le président intérimaire M. Djotodia a posé ses valises au Bénin

Il a été accueilli par le ministre béninois des Affaires étrangères alors que le même aéroport accueillait des Béninois rapatriés de Centrafrique

 

C’est dans la Zocar, un des nouveaux quartiers de la cité dortoir d’Abomey-Calavi, à une vingtaine de kilomètres au nord de Cotonou, la capitale béninoise, que va désormais vivre jusqu’à nouvel ordre ou nouveau désordre- c’est selon- l’ancien président centrafricain Michel Djotodia au lendemain de sa démission arrachée par les chefs d’Etat de la Ceac. Il a été officiellement accueilli à son arrivée au Bénin par le ministre béninois des Affaires étrangères, Arifari Bako pour qui, l’accueil de l’ancien homme fort de Bangui est «la contribution du Bénin au processus de paix enclenché en Centrafrique,» toujours en ébullition. Chantal Djodotia, qui a quitté Bangui depuis plusieurs semaines déjà, l’a accueilli à l'aéroport.

 


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Image d'illustration
Arrivée en fanfare à Abomey-Calavi
L’entrée du cortège officiel de l’ex-président dans la ville de Abomey Calavi n’est pas passée inaperçue. Deux Motards ouvraient la voie à une dizaine de véhicules officiels, gyrophares scintillant et sirènes au vent.. C’est ainsi que le désormais ex-président centrafricain, Michel Djotodia contraint à la démission est rentré ce samedi 11, janvier dans le quartier de la Zocar, troublé par le vrombissement assourdissant des sirènes du cortège présidentiel. Mais avant son arrivée, des femmes vendeuses installées devant son nouveau domicile, lui ont préparé un accueil chaleureux, rythmé par des. «Bonne arrivée Papa Michel, nous avons appris que vous serez là et nous sommes venues vous accueillir» quelques minutes avant l’arrivée du cortège présidentiel. Des témoins ont pu assister, peu avant, à une séance de répétition de cette manifestation «spontanée». Seulement, ces femmes n’auront pas la chance de l’accueillir comme prévu, puisqu’à l’arrivée du cortège, les militaires béninois les ont chassées tout comme l’a été l’équipe de reportage brutalisée par un soldat.

Le désormais ancien président centrafricain est logé dans un domicile dans lequel avaient emménagé, il y a de cela quelques semaines, son épouse béninoise Chantal et une partie de sa famille. Les habitants du voisinage ont pu remarquer les allées et venues incessantes de personnalités comme Octave Houdégbé, l’ex-ministre de Kolingba dont un des minibus était constamment garé à la devanture de la maison. Selon certaines indiscrétions, Michel Djotodia l’aurait rachetée récemment à un ancien Général de l’Armée béninoise.

Le Bénin où est arrivé Michel Djotodia en provenance de Ndjamena, à bord d’un avion affrété par les autorités tchadiennes ne lui est pas étranger. L’ancien homme fort de Bangui y avait résidé pendant quelques années en tant que exilé politique après une brouille en 2006 avec son prédécesseur, François Bozizé qui l’accusait alors de fomenter un coup contre son régime. Ce qu’il réussira à faire en mars 2013 avec la fameuse coalition rebelle de la Séléka. Dès son arrivée dans la capitale béninoise, le président Djotodia a reçu la visite de certaines personnalités béninoises parmi lesquelles figurent le Professeur Octave Cossi Houdégbé, son ministre et conseiller spécial.

 


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Des Béninois de Centrafrique qui rentrent chez eux!
Des béninois rapatriés de Centrafrique
Par ailleurs un premier contingent de Béninois résidant en Centrafrique est arrivé à Cotonou à bord d’un avion affrété par le gouvernement béninois, le même samedi 11 janvier 2014. Une bonne partie -63- des passagers de l’avion sont des citoyens béninois qui ont décidé de fuir les bruits de bottes, les crépitements et le règne des armes qui caractérisent actuellement la Centrafrique. Conséquence de la crise ethno-religieuse, politique et sécuritaire que connait ce pays. Ces passagers sont des hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux. «Devant la dégradation continue de la situation, le gouvernement a pris la décision de rapatrier les Béninois en situation difficile», a indiqué le ministre des Affaires étrangères et des Béninois de l’Extérieur, Nassirou Arifari Bako. Il a précisé qu’au total, quelques 500 citoyens béninois, qui ont décidé de rentrer en attendant que la situation s’apaise dans leur pays de résidence, sont attendus. «Nous suivons l’évolution de la situation, a poursuivi le ministre Bako. Chaque fois que la vie d’un Béninois sera menacé, le gouvernement prendra les dispositions» idoines. Le rapatriement des 500 citoyens béninois prendra fin mercredi 15 janvier prochain. «Nos sincères gratitudes au chef de l’Etat et au peuple béninois», a témoigné Sayi Pierre Emmanuel, l’un des rapatriés. Qui exhorte le peuple béninois à prier pour celui de la Centrafrique qui fait face à une cruauté marquée entre autres par «l’anthropophagie» et la haine interreligieuse.


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