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Cemac: la Guinée équatoriale torpille le traité de libre circulation

Le pays de Samuel Obiang Nguema vient de fermer ses frontières communes terrestres avec le Gabon et le Cameroun

 

Prévue depuis le 1er janvier 2014, la libre circulation des personnes et des biens au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) connait de sérieux problèmes à l’allumage. Le premier coup de frein à ce projet est l’œuvre de la Guinée Equatoriale. Ce pays de la CEMAC a volontairement fermé ses frontières, avec le Cameroun et le Gabon, dès le 31 décembre 2013, bloquant du coup, les véritables portes d’entrée des migrants et les échanges commerciaux entre les trois pays. Il s’agit donc de la frontière d’Ebibeyin ville frontalière au Nord-est de Guinée équatoriale ou Kye- Ossi et Campo dans le sud du (Cameroun) ainsi que celle avec le (Gabon)a Oyem nord du (Gabon) et Mongomo centre de (Guinée équatoriale) sans oublier celle de Mebo’o a Meyo Kie Gabon et Ebibeyin en Guinée équatoriale.

 


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Les frontières terrestres avec le Gabon fermées depuis le 1er janvier 2014
Une équipe de la télévision publique du Cameroun, la CRTV est descendue sur le terrain pour s’enquérir de la situation, au sud du Cameroun. Le sous-préfet de la ville frontalière de Kyé-Ossi a fait savoir qu’il avait reçu un coup de fil d’une autorité du pays voisin l’informant de la fermeture des frontières équato-guinéennes. Et le 31 décembre 2013, sans aucune autre forme de procès, les autorités de Malabo sont passés à l’acte en barricadant leurs frontières. Or, les habitants des villages partageant ces lignes imaginaires avaient l’habitude, sur présentation d’une pièce d’indenté aux forces de défense et de sécurité, de traverser pour aller faire leurs courses, de part et d’autre.

Jusqu’alors, aucune explication officielle n’a été donnée sur cet acte unilatéral de la Guinée Equatoriale qui prive ainsi des populations des trois pays de leur droit de mener paisiblement des activités réciproques qu’elles entretenaient. La fermeture de ses frontières montre clairement que le pouvoir de Malabo n’est pas entièrement d’accord avec la libre circulation dans l’espace de la communauté économique et monétaire d’Afrique centrale CEMAC. C’est justement pour cette raison que les frontières sont fermées pour prouver que ça n’a pas été qu’une simple déclaration ou annonce. «La fermeture des frontières est pour empêcher l’entrée massive des clandestins et bandits au motif de la libre circulation des personnes et biens dans la CEMAC que nous n’appliquons pas» a indiqué un officier de l’armée équato-guinéenne.

Cet acte des autorités de Malabo met fin au rêve de la libre circulation avec ses voisins. En effet la fermeture de frontière par exemple celle avec le Cameroun de Kye–ossi, véritable plaque tournante des échanges commerciaux et trafic de toute sorte a des conséquences sur le quotidien des populations comme, la pénurie de certains produits agricoles dans les marches équato-guinéens approvisionnés par le géant en agriculture d’Afrique centrale, le Cameroun. Outre les actes de réciprocité que l’on note puisque côté Camerounais les forces de l’ordre refusent l’entrée les équato-guinéens car, selon un gendarme camerounais en poste à la frontière de Kye-ossi, «regardez notre côté n’est pas fermé, c’est la Guinée qui ferme la frontière, alors les équatos n’entrent plus aussi ici» décide un officier de police Camerounais.

Au poste de frontière coté Guinée équatoriale, quelques hommes vêtus de tenue de l’armée, d’autres en civil, sont là sous le contrôle d’un instructeur Israélien de l’armée prêt à tirer la sonnette d’alarme au cas où il y aurait un débordement par les populations désireuses de se rendre d’un côté comme dans l’autre. Visiblement donc dépassés ou désemparés, les milliers de commerçants et autres personnes bloquées appellent les décideurs à la conscience pour prendre des mesures en leur faveur qu’ils sont sensés de servir.

L’Afrique centrale traine le pas pour ce qui est de son intégration, quoique quatre des six Etats (Cameroun, Tchad, Congo et RCA) entretiennent déjà des relations économiques fiables, doublées d’une libre circulation effective des biens et des personnes.

 



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