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Centrafrique: les décisions du CNT attendues à Ndjamena

Les 135 Conseillers nationaux centrafricains, emmenés par avion de Bangui, doivent se prononcer sur le maintien ou non des dirigeants actuels de la Transition en RCA

 

A líissue de tractations marathon avec les membres du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire centrafricain), de proches de M. Djotodia issus de líex-rebellion Séléka qui a pris le pouvoir à Bangui en mars et notamment de représentants de milices anti-balaka, hostiles à M. Djotodia, les chefs díEtat ou leurs représentants ont suspendu leurs travaux peu avant 04H00 (03H00 GMT), a constaté un correspondant de líAFP. Les dirigeants de la Communauté économique des Etats díAfrique centrale (CEEAC) ont demandé aux Conseillers de préparer avant 08H00 un accord qui semblerait síorienter vers une mise à líécart de M. Djotodia et de son Premier ministre, Nicolas Tiangaye, selon des sources proches des négociations, malgré le refus de proches de M. Djotodia.

 


© journaldebangui.com
Lors de la prestation de serment de M. Djotodia le 18 août à Bangui devant le Palais du Peuple
Une nouvelle séance de travail du sommet est convoquée ce vendredi 10 janvier à partir de 09H00 pour sceller le sort du président centrafricain, à qui la communauté internationale reproche de ne pas avoir mis fin aux violences interreligieuses et aux exactions dans son pays. Le vote du Conseil national de transition (CNT, Parlement provisoire) est indispensable à un changement de la Constitution provisoire de Centrafrique pour décider du départ de M. Djotodia et du Premier ministre. Les dirigeants de la CEEAC, réunis à líinitiative de M. Déby - puissant voisin tutélaire de la Centrafrique - ont envoyé jeudi en fin de journée un avion à Bangui pour amener dans la capitale tchadienne les 135 membres du CNT et avaient suspendu une première fois leurs travaux en attendant leur arrivée à NíDjamena. «Personne ne peut parler díun changement à la place des Centrafricains. La solution ne peut venir que des Centrafricains eux-mêmes (...) Il y a un régime, ses institutions et une charte, des responsables: il appartient à ses responsables de décider du sort de leur pays», avait expliqué à la presse le secrétaire général de la CEEAC, Ahmat Allami à la suspension des travaux.

«On ne sait pas de quoi il síagit»
A Bangui, placé sous couvre-feu à 18H00 (17H00 GMT), les parlementaires avaient été pris au dépourvu par cette convocation. «On a eu líinformation il y a juste une heure. On ne sait pas de quoi il síagit. On a pris les contacts, on síest regroupés pour y aller», avait expliqué à líAFP la vice-présidente du CNT, Léa Koyassoum Doumta. En ouvrant le sommet, M. Déby avait invité les participants à observer une minute de silence «face à cette tragédie vécue par les Africains en Centrafrique». «Un seul constat doit être fait et il est amer: la RCA (République centrafricaine) subit au plus profond díelle-même les agissements de ses propres fils plongeant leur pays dans une guerre qui compromet dangereusement son avenir», avait ajouté M. Déby, en présence notamment de MM. Djotodia et Tiangaye, en demandant «de plus en plus des actes concrets et décisifs».

La première préoccupation des pays de la CEEAC est la paralysie totale du pouvoir de Bangui et son incapacité à rétablir líordre depuis des mois dans un pays livré à des violences interreligieuses. A cet égard, «par rapport notamment à la transition politique, au fait que líEtat est paralysé, il y a certainement des décisions à prendre et on va voir ce que nos amis africains décident (...)», avait déclaré de son côté jeudi matin le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius sur la chaîne de télévision France 2, pressé de dire si une démission de M. Djotodia faciliterait les choses. La présidence centrafricaine avait démenti jeudi toute velléité de démission de M. Djotodia. A Bangui, les tueries à grande échelle de ces dernières semaines ont progressivement cessé et la ville a retrouvé une activité quasi-normale pendant la journée. «La situation síaméliore, lentement, mais elle síaméliore», a estimé jeudi le chef de líopération française Sangaris, le général Francisco Soriano.

 



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