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Bangui: Abraham Biamba répond à la violence par une chanson

«Tout ira bien» est un message de paix touchant dont il a fait un clip, avec les moyens du bord

 

Le 5 décembre 2013, Bangui a connu un véritable massacre lorsque des miliciens anti-balakas ont attaqué plusieurs quartiers musulmans, plongeant la capitale dans la violence. Le même jour, Abraham Biamba, cloîtré chez lui, a choisi de répondre à la violence par une chanson. Un message de paix touchant dont il a fait un clip, avec les moyens du bord. Bien quíil se prénomme Abraham, Biamba est un chrétien né à Bangui. Neveu de líancien président de la République André Kolingba, [1986-1993], il a été familiarisé très tôt aux vicissitudes de la vie politique centrafricaine. Aujourdíhui, il est étudiant en médecine, bien que les cursus universitaires soient très perturbés depuis le début de la crise, en mars 2012. Il poursuit en parallèle sa passion, la musique.

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«Je baigne dans la musique depuis que je suis petit. À 8 ans, jíétais déjà dans une chorale et ça ne mía pas quitté. Je níai jamais cessé díécrire mais jíavais, jusque-là, préféré garder mes textes pour moi. Le 5 décembre, quand les affrontements ont commencé, jíétais dans ma chambre. Je ne pouvais pas sortir de crainte díêtre moi aussi pris pour cible (par des ex-Séléka). Jíai donc écrit ce que jíavais sur le cúur, je souffrais trop. Pour la première fois, jíai voulu que ma chanson soit diffusée. Il níy a aucune structure dans le pays et aucune industrie musicale digne de ce nom. Je suis donc allé dans mon église où est installé un petit studio díenregistrement et je líai loué à mes frais. Nous avons enregistré la chanson en deux jours début décembre. Il fallait réduire au maximum le temps de travail pour des raisons de sécurité. Mon beau-frère, qui est photographe, mía ensuite proposé de faire un clip vidéo. Jíai beaucoup hésité de peur de trop míexposer. Jíétais aussi inquiet que le résultat de ce projet, fait avec des bouts de ficelle, ne soit pas à la hauteur. Mais comme jíai confiance en mon message de paix, je me suis lancé et on a fait pendant deux jours des prises de vue dans le quartier de Lakouanga à Bangui.

Jíai toujours eu des amis musulmans, certains míont díailleurs félicité pour ma démarche
Abraham Biamba

 


© france24.fr
Le clip díAbraham Biamba a été réalisé à Bangui, par Hervé Cyriaque Serefio
Ce clip síadresse aux Centrafricains mais jíai conscience que très peu díentre eux ont accès à Internet. Mon objectif est donc maintenant de passer à la télévision, sur la chaîne nationale. Je vis dans un pays compliqué mais jíai confiance en son avenir. Jíai toujours eu des amis musulmans, certains míont díailleurs félicité pour ma démarche. Elle est sincère, elle ne peut donc pas être mal accueillie. Depuis début décembre, les violences entre musulmans, dont certains sont issus de líex-Séléka, et les chrétiens anti-balaka ont provoqué la mort de plus díun millier de personnes, malgré le déploiement de 1 600 soldats français et de près de 4 000 soldats de la paix africains. Le nombre de déplacés síélèverait, selon líONU, à quelque 935 000 personnes.





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