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Lettre de protestation contre la partition de la Centrafrique

M. Axel Poniatowski, député UMP du Val d’Oise demande, d’envisager la partition du pays car il y a «deux populations qui ne savent pas ou ne peuvent pas cohabiter»

 

Très Cher(es) compatriotes centrafricain(e)s
C’est maintenant donc quasi officiellement. La partition de notre pays est désormais publiquement envisagée par un responsable politique français en l’occurrence Mr Axel Poniatowski qui est député UMP et SURTOUT vice-président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française. On peut espérer qu’étant dans l’opposition actuelle, ce monsieur utilise une stratégie politicienne pour dénigrer les actions d’un président de l’autre bord politique. Étant donné qu’il est aussi vice-président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, on doit craindre cependant que sa déclaration constitue l’une des premières étapes de la préparation des esprits à l’acceptation de la partition de notre pays. Considérant le rôle historique et actuel que joue la France dans notre pays, une telle déclaration doit non seulement être prise très au sérieux mais surtout susciter une réaction massive et déterminée de notre part citoyens centrafricains résolus à préserver l’unité de notre pays.

 


© journaldutchad.com
Constatant l’incapacité endémique des politiciens centrafricains à régler concrètement les problèmes de notre pays car embués dans leur éternels calculs de prise de pouvoir, il nous revient à nous fils et filles de ce pays, au-delà de nos appartenances religieuses, politiques, ethniques et idéologiques de faire signifier très clairement que la partition de la Centrafrique est non-négociable maintenant, demain et jamais. Pour cela, faisons comprendre à ce monsieur notre détermination quant à la préservation de l’unité de notre pays en l’inondant de messages de protestations énergiques, déterminés mais cependant polis car il est inutile de saper notre détermination par des insultes ou autres impolitesses improductives. Inutile aussi de protester uniquement sur les sites de journaux centrafricains sur internet car il est très improbable que ce monsieur les lise.

Adressez-vous donc directement à son blog, sur sa page Facebook ou son adresse au parlement dont j’ai mis les liens à la fin de ce message. Rappelons lui que ces «deux populations qui ne savent pas ou ne peuvent pas cohabiter» vivaient en paix depuis plus de 50 ans sans conflit religieux. Qu’une très grande partie de familles centrafricaines ont en leur sein de musulmans et des chrétiens et que par conséquent, diviser ce pays sur une base religieuse est non seulement un non-sens, une hérésie mais surtout incompréhensible de la part d’un représentant politique d’un pays qui se prétend laïque. Que l’agenda caché dont l’aboutissement, ou une des étapes, serait la partition de notre pays rencontrera sur sa route des Centrafricains et Centrafricaines déterminés à utiliser tous les moyens qu’ils et elles jugeront nécessaire pour la préservation de l’unité de leur pays.

Beaucoup d’entre nous ne se sont jamais publiquement engagé publiquement sur les événements dramatiques qui se produisent dans notre pays. La partition de la Centrafrique est au-delà de nos appartenances et situations respectives. Après la scission du nord, il y aura plus de raison que cela ne soit pas le tour du sud, du centre, de l’est ou l’ouest sous des prétextes divers. Quelqu’un a dit qu’«il n’y a pas de patriotisme. Il n’y a que des preuves de patriotisme». Par conséquent, prenez au moins quelques minutes de votre temps précieux pour participer la défense du minimum de la Centrafrique; son unité. Il serait facile d’écrire une pétition et de demander vos signatures. J’ai toujours considérer ce genre de démarche inefficace et déresponsabilisant. Ci-joint est ma propre lettre pour inspirer ceux et celle qui manqueraient d’inspiration.

Bien à vous.
Innocent Hervé Yamodo


Monsieur le Député
En ma qualité de citoyen Centrafricain, je me permets de vous adresser, par la présente, une vive protestation pour les propos que vous aviez tenu sur la chaine de télévision itélé le 02 janvier 2014 envisageant la partition de mon pays sous le fallacieux prétexte qu’il y aurait «deux populations qui ne savent pas ou ne peuvent pas cohabiter». De la part d’un représentant du peuple français et surtout du vice-président de la commission des affaires étrangères, de tels propos sont extrêmement inquiétants pour les filles et fils de Centrafrique très attachés à l’unité de leur pays sachant les implications passées et en cours de votre pays dans le nôtre. Permettez-moi de vous rappeler que ces dites «deux populations» ont vécu en paix depuis toujours et ne vous ont pas attendu pour apprendre à le faire. Qu’une très grande proportion de familles centrafricaines a en son sein des chrétiens et des musulmans.

L’instrumentalisation politique du facteur religieux par des «politiciens» sans envergure, sans vision et dépourvu de tout scrupule pour créer artificiellement des tensions pour dissimuler leurs insuffisances et culpabilités ne seraient être ignoré par quelqu’un ayant vos responsabilités et disposant des moyens humains et matériels d’information dont un pays comme la France possède. Par conséquent, on est bien obligé de conclure que vos propos sont l’initiation d’une campagne médiatique de préparation des esprits à la scission de notre pays pour des raisons inavouables. Je ne vous ferais pas l’insulte de vous rappeler que vos gouvernements successifs, par leurs soutiens actifs et passifs aux despotes qui se sont succédé à la tête de mon pays, ont participé à la création des conditions propices au dramatique chaos régnant actuellement en Centrafrique. Ce serait une erreur tragique de votre pays de croire que la solution à la tragédie que vit mon pays seront résolus parce que vous aurez divisé des communautés pour raisons démagogiques, des intérêts inavouables à courte vue ou refus d’accepter vos responsabilités historiques.

Bien que la Centrafrique a cessé depuis bien longtemps d’être un état digne de ce nom et malgré tous les antagonismes ethniques, régionaux ou culturels qui y règnent, le sentiment d’unité nationale y est très fort. Ainsi, malgré les difficultés terribles que traversent la Centrafrique, soyez assurez que ses filles et fils gardent toujours l’espoir et la conviction inébranlables que la solution aux problèmes de leur pays passera nécessairement pas l’unité de leur pays. Par conséquent, même si des aventuriers, cherchant à noyer leur méfaits susceptibles de les conduire devant des instances judiciaires, préconisent une partition de la Centrafrique basée sur l’appartenance religieuse, soyez assuré que la très grande majorité des Centrafricains et Centrafricaines, toutes religions confondues, toutes ethnies confondues et toutes origines confondues se dresseront comme un seul homme en travers de la route des initiateurs de ce funeste projet.

Si vous estimez que votre temps médiatique et politique est trop court pour chercher à comprendre ou expliquer le drame en cours en Centrafrique, sachez que nous refusons de n’être que des «nègres qui se découpent à la machette» qu’il faudra séparer coup crayon sur une carte depuis de beaux salons lointains. Surtout si on feint d’ignorer que les «deux populations qui ne savent pas ou ne peuvent pas cohabiter» ont toujours vécu ensemble sans animosité particulière. En tant que citoyen Centrafricain ne représentant que moi-même, sachez que moi et mes compatriotes nous sommes déterminé d’utiliser tous les moyens légaux à notre disposition pour empêcher le processus conduisant à la partition de notre pays.

Veuillez agréer Monsieur le Député, l’expression de ma haute considération.

Innocent Hervé Yamodo

 



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