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RCA: les Tchadiens installés en Centrafrique retournent en masse dans leur pays

Cíest un exode marquant un nouveau palier dans le déchirement de la société centrafricaine

 

Ces civils craignent díêtre victimes de représailles de milices díautodéfense locales chrétiennes ou de foules en colère qui les accusent de connivence avec les ex-rebelles, majoritairement musulmans, de la Séléka qui ont chassé le président François Bozizé du pouvoir en mars 2013. Le gouvernement du Tchad, dont des centaines de milliers de ressortissants sont établis en Centrafrique, a lancé un pont aérien depuis une semaine et a évacué près de 3.000 personnes par avion en une semaine, a annoncé samedi líOrganisation internationale des migrations (OIM) dans un communiqué. Des convois routiers quittent également Bangui, phénomène sans précédent dans líhistoire pourtant très troublée du pays. Un convoi de plusieurs dizaines de voitures remplies de ressortissants tchadiens síapprêtait samedi matin à quitter Bangui pour prendre la direction du Tchad sous les huées hostiles et menaçantes díhabitants de la capitale centrafricaine, ont même constaté des journalistes de líAFP.

 


© jeuneafrique.com
Des Tchadiens fuient Bangui, le 28 décembre 2013
La France, dont líarmée quadrille Bangui avec la force africaine, a de son côté appelé líONU à jouer un « rôle plus important » en Centrafrique, où les violences ont fait un millier de morts depuis le début de líintervention française, le 5 décembre. Des soldats français de líopération Sangaris ont contenu des manifestants qui voulaient síen prendre à ces civils rassemblés dans le 4e arrondissement dans un convoi formé de voitures particulières et de taxis chargés de leurs effets personnels. Réfugié près de soldats français, Abdoulaye Saken, accompagné de son épouse et de leurs quatre enfants, raconte: « jíai voulu emmener ma famille à líaéroport (où se trouvent les bases de forces françaises et africaines) pour les mettre en sécurité mais nous avons été bloqués par des civils. Heureusement, maintenant líarmée française nous protège ». Vendredi déjà, un convoi similaire avait pris la route pour fuir les violences meurtrières qui ensanglantent la ville. Au moins un civil avait été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la force africaine (Misca) qui protégeaient ce convoi fuyant la ville sous les injures de la foule.

Soif de vengeance
Officiellement, environ 30.000 Tchadiens sont enregistrés par les autorités en Centrafrique. Mais dans les faits, ils sont bien plus nombreux, établis pour certains depuis des générations à travers le pays. Beaucoup de chrétiens, victimes pendant des mois des exactions des Séléka, ont soif de vengeance contre les ex-rebelles et les civils musulmans qui leur sont désormais associés. Depuis le début de líintervention française le 5 décembre, les violences interconfessionnelles se sont multipliées entre les milices chrétiennes « anti-balaka » (anti-machette, en langue sango) et la Séléka. Les Tchadiens notamment sont accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka, dont certains sont originaires du Tchad. Faiseur de roi en Centrafrique, NíDjamena a armé et soutenu la Séléka, selon plusieurs observateurs, dix ans après avoir favorisé le coup de force de François Bozizé.

Après des journées et des nuits de tirs, la capitale centrafricaine a retrouvé une relative quiétude samedi matin. Seuls quelques tirs sporadiques ont été entendus durant la nuit de vendredi à samedi. Comme les jours précédents, líarmée française était largement déployée dans la ville, dans laquelle patrouillent également des détachements de la Misca.

 



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