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Centrafrique: attaque d'un convoi de ressortissants tchadiens

Cet incident serait à mettre à líactif des milices anti-Balakas à Bangui

 

Environ trente personnes auraient été tuées dans l'attaque des milices anti-Balakas contre un convoi de ressortissants tchadiens qui quittaient Bangui mardi, 24 décembre en raison de l'hostilité manifestée par une frange de la population centrafricaine à l'égard des forces tchadiennes présentes dans le pays et accusées de complicité avec les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir), et avec la communauté tchadienne, a-t-on de source sécuritaire. Ces violences auraient eu lieu dans les quartiers Miskine, Fouh et Gobongo au nord de la capitale centrafricaine où des affrontements ont aussi opposé les ex-rebelles de la Séléka et les groupes d'autodéfense villageois anti-Balakas (anti-machettes) hostiles au pouvoir de Michel Djotodia, a reconnu le colonel Christian Narkoyo, commandant de la gendarmerie mobile.

 


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Devant l'ambassade du Tchad à Bangui, le 25 décembre
«Les anti-Balakas ont lancé une roquette à Gobongo sur un véhicule qui transportait des femmes et des enfants vers Ndele (ville à partir de laquelle l'ex-coalition rebelle de la Séléka avait lancé son offensive e 10 décembre 2012 contre le régime de François Bozizé), faisant 30 morts et plusieurs blessés», a rapporté Narkoyo, ancientporte-parole militaire de la Séléka. Il a qualifié cette attaque de "provocation" et prévenu que «cíest une lettre que les anti-Balakas ont envoyé. Il reste la réponse». Déjà, à l'annonce de ces atrocités, les communautés musulmanes de Pk12 et de Miskine ont ouvert le feu sur la population civile, selon des sources jointes au téléphone par Xinhua sans donner de bilan. «En ce moment précis, les habitants des quartiers Miskine et Benz-vi sont en débandade. On aperçoit un déplacement massif des habitants de ces localités situées dans le 5è arrondissement de Bangui vers les quartiers sud de la capitale», a rapporté Eric Ngaba, un habitant de Benz-vi. Alertées de la situation, les forces françaises de l'opération Sangaris et africaines de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) ont accouru pour intervenir.

 


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Les ressortissants tchadiens devant leur ambassade à Bangui
Depuis la résurgence des violences et de l'insécurité à Bangui au début de ce mois, la tension est montée. Après la résistance de population chrétienne appuyée par les anti-Balakas contre les exactions et les pillages menés par les ex-Séléka à dominante musulmane, cette population, majoritaire en Centrafrique, s'est lancée dans une campagne anti-tchadienne. Lors d'une manifestation lundi, 23 décembre dans la capitale contre la poursuite de la mission des soldats tchadiens au sein de la MISCA, un civil a été tué et d'autres blessés par des tirs de ces soldats, ce qui a ravivé les tensions. Dans une déclaration officielle, les autorités de N'Djamena ont démenti cette information, mais elles ont annoncé l'établissement d'un pont aérien sur l'aéroport international de Bangui M'Poko pour le rapatriement de leurs ressortissants en détresse dans ce pays voisin. Devant l'ambassade du Tchad à Bangui, plusieurs centaines de personnes, des femmes, des jeunes, des enfants, attendaient mardi leur évacuation.


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