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Centrafrique: une réorganisation au sein de la Misca?

La force africaine déployée en Centrafrique est parcourue par de vives tensions et les soldats tchadiens seront envoyés au Nord, loin de Bangui

 

Alors que des échanges de tirs sont intervenus à Bangui lundi après-midi entre soldats tchadiens et burundais de la force de l'Union africaine déployée en Centrafrique (Misca), le chef militaire de la force, le général Martin Tumenta Chomu, a affirmé à RFI que les bataillons tchadiens allaient être envoyés dans un secteur plus au nord. Ils vont être remplacés, pour la sécurisation de la capitale Bangui, par des troupes burundaises et congolaises. Les Camerounais doivent également quitter la ville pour être relocalisés. La méfiance d'une partie de la population de Bangui vis-à-vis des soldats tchadiens, qui sont parfois accusés d'être proches des combattants de la Séléka, pose problème pour ramener la sécurité dans la capitale. Hier lundi, lors d'une manifestation contre leur présence dans la capitale, un manifestant a été tué. Le lendemain, selon le lieutenant-colonel Potien Hakizimana, les Tchadiens ont lancé une grenade en direction des Burundais alors que ceux-ci venaient d'intercepter six ex-rebelles Séléka. Il a assuré que le contingent burundais avait "fait preuve de retenue" mais que des soldats à l'avant-garde avaient tout de même essuyé des coups de feu et répliqué, blessant trois Tchadiens.

 


© binuca.unmissions.org
Des troupes de la Misca lors de leur installation le 19 décembre à Bangui
La Misca - elle - a revu son organisation à Bangui
Selon RFI, sur le plan militaire, depuis le regain de tension jeudi 19 décembre 2013 dans la capitale centrafricaine, les troupes françaises ont augmenté leurs patrouilles, alors que la Misca - elle - a revu son organisation à Bangui. Huit arrondissements à Bangui, huit secteurs pour la Misca. L'idée, c'est de créer une plus grande proximité entre les populations de la capitale et les troupes de mission, pour leur permettre de pouvoir plus facilement faire appel à ces contingents en cas d'explosion de violence et de réduire les distances pour les patrouilles et donc de les multiplier. Pour le général Martin Tumenta Chomu, le commandant militaire de la Misca, «chaque secteur est attribué à un commandant d'unité. Les huit arrondissements sont sous les ordres de détachements congolais et de détachements burundais, l'ensemble faisant plus de 2 000 hommes. C'est donc un dispositif assez cohérent.» Plus de cohérence, plus d'efficacité, c'est ce qu'espère la Misca qui, depuis vendredi, 20 décembre, teste ce nouveau dispositif. Un dispositif qui devrait également permettre d'améliorer la coordination entre les contingents africains mais aussi la Misca et les troupes françaises de l'opération Sangaris. Ce manque de coordination, estime-t-on côté français, comme du côté de la mission africaine, explique en partie pourquoi l'insécurité persiste à Bangui malgré le déploiement de près de 3 500 soldats étrangers.

 



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