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Crise: J-M. Michel Mokoko placé à la tête de la Misca

Le général de division à la retraite congolais a été officiellement installé à la place du Général gabonais Jean-Félix Akaga, arrivé en fin de mission

 

Après consultation avec la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Commission de l’Union africaine (UA), a nommé, le 22 novembre dernier, l’équipe dirigeante de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca). Le général de division à la retraite congolais, Jean Marie Michel Mokoko, assurera la fonction de chef de cette mission. «La Misca va apporter au gouvernement Centrafricain un appui dans tout ce qui concerne les réformes du secteur de défense, de sécurité et de l’humanitaire. C’est une mission à la fois de sécurité et de politique», estime le patron de la Misca qui a été officiellement installé hier19 décembre à Bangui.

 


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Jean-Marie Michel Mokoko
Les autres nominations dans l’équipe dirigeante de la Misca concernent le poste de commandant de la composante militaire, qui sera occupé par le général de brigade Martin Tumenta Chomu, du Cameroun. Le colonel gabonais de la gendarmerie Patrice Ostangue Bengone a été nommé chef de la composante police de la Misca. Le poste d’adjoint au chef de la composante de police sera occupé par le commissaire principal de police Don Deogracias Ndong Nguema de la Guinée équatoriale. Ces différentes nominations s’inscrivaient dans le cadre des efforts conjoints de l’UA et de la CEEAC, pour la mise en place effective de la Misca. À cette occasion, la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, avait réitéré l’appel de l’UA aux Nations unies pour soutenir la Misca, et lui permettre de créer les conditions d’un appui international afin de soutenir la stabilisation à long terme et la reconstruction de la RCA.

Le général de division à la retraite
Né le 19 mars 1947, à Mossaka (dans l’actuel département de la Cuvette), a embrassé la carrière militaire, en commençant par l’Ecole militaire préparatoire général Leclerc de Brazzaville. Après son admission au concours, il est élève-officier, de 1970 à 1972, de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr-Quoëtquidan (France), promotion «n°157 général De Gaulle». Il est diplômé non seulement de Saint-Cyr, mais aussi de l’école d’application du génie d’Angers et de l’école d’état-major de Compiègne. Doté d’une solide formation, il occupera, successivement, plusieurs hautes fonctions au sein de l’armée congolaise: directeur central du génie du 3ème Régiment d’infanterie motorisée et de l’armée de terre; chef de corps de l’infanterie; commandant de la zone autonome de Brazzaville (Zab), chef d’Etat-major général adjoint, chef d’Etat-major général à partir de 1987, succédant au colonel Emmanuel Elenga. En 1990, il est nommé au grade de général de brigade. Officier acquis à la cause de la paix, il permettra la tenue sans heurts, à Brazzaville, en 1991, de la Conférence nationale souveraine, en maintenant l’armée dans une position de neutralité, au grand dam des officiers et responsables politiques radicaux du régime du parti unique, qui voulaient que l’armée intervienne pour mettre un coup d’arrêt à cette dynamique populaire qui entraînait le pays vers l’ouverture démocratique.

Devant les contradictions qui gagnent la vie politique nationale, après l’élection en juillet 1992 du président Pascal Lissouba, il prend l’initiative de forcer la classe politique à trouver une solution consensuelle pour sortir de la crise politique qui menace de dégénérer en guerre civile, en enfermant, le mercredi 2 décembre 1992, au palais des congrès, les principaux responsables politiques de la majorité et de l’opposition, tandis que l’armée est déployée aux alentours. Ils ne pouvaient pas sortir de là sans trouver de solution à la crise politique. Parmi les décisions issues de ce conclave, la formation d’un gouvernement d’union nationale, dont le premier ministre sera Claude-Antoine Da Costa.Mais, entré en contradiction avec le président Pascal Lissouba, le général Mokoko démissionne de son poste de chef d’Etat-major général, le 18 juillet 1993 et, craignant pour sa vie, il s’exile, volontairement, en France. Derrière lui, le pire qu’on craignait se produira. Les premières violences armées de l’ère démocratique éclatent à Brazzaville, en novembre 1993, faisant plus de trois mille morts, en trois mois.

En 1996, le général Mokoko publie, en France, un livre, «Congo: Le temps du devoir», qui marque son entrée en politique. Il crée même un parti politique, le M.r.c (Mouvement pour la réconciliation des Congolais), mais qui fera long feu. Saint-Cyrien dans l’âme, il ne s’engagera pas dans les violences armées qui secouent le pays, en 1997. «Le général Mokoko a une longue et riche expérience dans le domaine de la paix et de la sécurité. Il a, notamment, occupé les fonctions de chef d’État-major général des Forces armées congolaises, entre 1987 et 1993, et celle de conseiller à la paix et à la sécurité du président de la République du Congo. Il a, en outre, été représentant spécial du président en exercice de l’Union africaine pour la Côte d’Ivoire, pour la période 2006-2007», rappelle le communiqué de la commission de l’Union africaine. Jusqu’à sa nomination, le général Mokoko occupait la fonction d’adjoint au haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel. Il prend ses nouvelles fonctions, le 19 décembre 2013.

 



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