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Bruxelles: Un «fonds européen permanent» en discussion

Les pays de líUE financent déjà à hauteur de 50 millions d'euros environ l'armée sous conduite africaine, Misca

 

Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères de France avait assuré, au sortir de la réunion des chefs de la diplomatie européens à Bruxelles, que plusieurs pays avaient décidé d'accompagner les troupes françaises... «sur le plan logistique». «Il est probable qu'un certain nombre de pays feront davantage encore, y compris sur le plan militaire. On verra dans les heures et les jours qui viennent», avait-il ajouté. La partie n'était toutefois pas gagnée: car comme au Mali, la France est intervenue seule, dans l'urgence, sans demander leur avis aux autres nations de l'Union. Or ces derniers financent déjà à hauteur de 50 millions d'euros environ l'armée sous conduite africaine, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), qui úuvre également pour rétablir la sécurité en RCA. L'Europe fournit également une aide de 39 millions d'euros au pays depuis le début de l'année, après un nouvel apport de 18,5 millions.

 


© AFP
Le ministre français des Affaires Etrangères tente de convaincre les autres!
Lors de leur rencontre à Bruxelles, les ministres ont également indiqué que l'UE était prête à envisager un soutien pour «stabiliser» le pays, à l'image de la mission de formation de l'armée lancée au Mali après l'intervention franco-africaine. De son côté, le président François Hollande souhaite mettre sur la table la création «d'un fonds européen permanent» pour financer les interventions en urgence dans des pays en crise, lors du sommet européen de jeudi et vendredi prochains.

Un «désarmement impartial»
La France pourrait donc très vite compter sur les soutiens «solides» que réclamait Laurent Fabius, elle qui opère pour l'instant seule aux côtés de la Misca, dont elle tient d'ailleurs à défendre l'efficacité. Dimanche, le chef de la diplomatie française s'est ainsi insurgé contre la critique d'un journaliste qualifiant de «peu opérationnelle» la force africaine. «Vous êtes allés là-bas? Non. Je peux vous dire que ces gens sont courageux et quand on est là, assis, à dire Ďils ne sont pas bons', qu'est-ce que c'est que ça! Ce sont des gens formidables», a déclaré le ministre, avec véhémence.

Laurent Fabius a également tenu à défendre l'opération en cours, récusant les accusations selon lesquelles l'armée française aurait d'abord désarmé les musulmans à travers les milices Séléka, ce qui aurait permis des représailles meurtrières des chrétiens. «Ne dites pas des choses inexactes. Les Séléka (...) conservent des armes et des armes parfois lourdes», a-t-il expliqué. «Donc, la première tâche, c'est d'aller désarmer ces armes lourdes» mais «on va aussi vers les chrétiens pour dire: Ďil faut désarmer'», a-t-il assuré, évoquant un «désarmement impartial». La République centrafricaine est en effet plongée dans le chaos depuis le renversement en mars dernier du président François Bozizé par une coalition rebelle à dominante musulmane, la Séléka. Les violences ont pris un tour confessionnel entre chrétiens (80% des 4,5 millions d'habitants) et musulmans.

 



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