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Centrafrique: polémique au sein du gouvernement à Bangui

Le limogeage de trois ministres et du directeur du Trésor en Centrafrique, décidé par le président Michel Djotodia, continue de faire des remous

 

La décision du président de la Transition en Centrafrique a suscité lundi une polémique au sein du gouvernement à Bangui où des proches de l’ancienne opposition démocratique menacent de saisir la Cour constitutionnelle. “Ces décrets doivent être rapportés (annulés, ndlr). Si tel n’est pas le cas, le Premier ministre peut saisir la Cour constitutionnelle de transition. Nous espérons que tout revienne dans l’ordre. Le président ne peut pas limoger des ministres sans le contreseing du Premier ministre]”, a affirmé à une source proche du gouvernement, et issue de l’ancienne opposition démocratique au président Bozizé, qui souhaite conserver l’anonymat. En effet le 15 décembre dernier Michel Djotodia a limogé trois ministres de l’actuel gouvernement de Transition, parmi lesquels, le ministre de la Sécurité publique, le Pasteur Binoua.

 


© rfi.fr
Il décide seul
“[i L’article 29 (de la Charte constitutionnelle) est clair: «sur proposition du Premier ministre, il (le chef de l’Etat) nomme les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions». D’ailleurs pour le limogeage du précédent ministre de la Communication (Christophe Gazam Betty), le Premier ministre était à l’étranger et le président avait attendu son retour”, souligne encore cette source. Toutefois, l’actuel ministre de la Communication Adrien Poussou rejette cette approche. « Il faut s’en tenir à la Charte et ne pas tomber dans des interprétations qui sont de nature à mettre de l’huile sur le feu. Il n’y a pas lieu d’ajouter une crise au drame », dit-il. Il cite quant à lui l’article 34: « Le chef de l’Etat peut déléguer ses pouvoirs au Premier ministre à l’exception du pouvoir de nomination et de cessation de fonction des membres du gouvernement».

M. Poussou ajoute: «Le chef de l’Etat doit assurer la continuité de l’Etat en cette période difficile. Or le Premier ministre était en territoire étranger, en l’occurrence la base Mpoko qui bénéficie de l’extraterritorialité. Il ne pouvait donc pas assurer ses fonctions». Le Premier ministre Nicolas Tiangaye, ancien membre de l’opposition, s’est en effet réfugié à la base française après la mise à sac de sa maison proche du quartier Combattant, ravagé par des pillards la semaine dernière. A Paris, le Quai d’Orsay s’était dit «préoccupé» par les limogeages estimant que «cette initiative, prise en contradiction avec la Charte constitutionnelle de la transition et les accords de Libreville, est de nature à aggraver encore l’instabilité en République centrafricaine».

 



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