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Moussa Naibi, imam de la mosquée centrale de Bangui

«La désaffection des gens pour les élections n’est pas une question de genre ou de religion ou d’ethnie»

 

Voudriez-vous vous présenter?
Mon nom est Moussa Naibi. Je suis celui que Dieu a choisi pour diriger les prières à la Mosquée Centrale de Bangui, et pour répondre aux questions et aux interrogations de mes frères et sœurs.

Nous sommes en pleine phase d’entrée en période d’élections. Or il y a eu quelques malentendus qui divisent les principaux acteurs politiques du processus. Qu’est-ce que votre confession religieuse a fait concrètement pour ramener ces acteurs à la paix et à la compréhension mutuelle?
Nous avons pour principe de n’aborder la politique que sous l’angle global incluant la paix, la sécurité, le développement, etc. et de ne jamais nous mêler aux démêlés des hommes politiques. Il y a parfois des liens entre les deux plans, mais hormis le cas où l’on nous soumet à une mission particulière, nous nous en tenons à ce rôle, et nous laissons à d’autres le soin de s’occuper du reste.

 


© flickr.com
La grande Mosquée de Bangui
Qu’est-ce que votre communauté religieuse a fait pour que les musulmans s’inscrivent sur les listes électorales?
Il y a quelque mois, nous avons reçu ici même à la Mosquée Centrale des personnes chargées d’organiser les élections qui ont parlé avec insistance aux fidèles centrafricains de s’inscrire sur les listes électorales.

On constate que les femmes musulmanes ne participent pas aux élections et restent à la maison le jour du vote. Pourquoi cela? Est-ce normal?
C’est vrai que les femmes musulmanes consacrent beaucoup de temps à donner des soins et une éducation de base aux enfants, à s’occuper d’elles-mêmes, de leurs maris et de leurs foyers ainsi qu’à accomplir leurs obligations vis à vis de Dieu. Mais beaucoup d’entre elles trouvent en dépit de cet emploi du temps chargé, le temps d’aller voter lorsqu’il y a élection. Quant à savoir si cela est normal, je dirais que la désaffection des gens pour les élections n’est pas une question de genre ou de religion ou d’ethnie. Peut–être même que cela n’est pas propre à notre pays ou à notre continent

Quelles sont les dernières actions que vous menez ou que vous envisagez mener pour que les élections se déroulent dans la paix?
A l’approche d’une élection, nous tous commerçants, artisans, paysans, employés, sommes inquiets. Parce que les élections dans des pays comme le nôtre donnent souvent lieu à une exacerbation des clivages ethniques, à des violences et des morts. Voila pourquoi nous prions chaque jour à l’approche d’une élection que Dieu nous préserve des maux dont il a éprouvé d’autres nations et qu’il nous assure la paix.

 



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