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Madagascar: Faut-il croire au "timing" électoral?

Les politiques malgaches ont opté pour un «timing» électoral sans fausse note…

 

Une centaine de partis politiques malgaches sont en conclave depuis hier 11 août afin de solutionner la crise qui secoue ce pays depuis le renversement du président Marc Ravalomanana par André Rajolina en mars 2008. Sans doute l’une des tentatives pour relancer le poussif processus de pacification en panne sur la Grande Ile. C’est que, depuis plusieurs mois déjà, Madagascar n’échappe pas au yoyo d’une dérive politique dont l’artisan n’est autre qu’un DJ qui a déserté les micros et mixeurs pour s’arroger un destin national avec la bénédiction d’une armée réputée pourtant républicaine ou du moins non putschiste. A présent, l’ex-maire de Tana semble pris entre le marteau et l’enclume: poussé par ses partisans, dont bon nombre commencent à s’essouffler, André Rajolina doit faire également face à ses adversaires et surtout à l’isolement diplomatique: l’Union européenne a coupé les vivres et, grande infamie, l’homme fort de Madagascar n’a pas eu le droit d’être à côté de ses pairs le 14 juillet dernier au défilé sur les Champs-Elysées (Paris, France). Les USA ont aussi fermé le robinet, et seule l’aide humanitaire parvient aux malgaches qui ne peuvent que s’en prendre à leurs dirigeants politiques.

 


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Le pays va mal et la politique surenchérit
C’est connu, le contentieux qui trouble les eaux de la Grande Ile porte sur le partage du pouvoir. Tous ces courtisans font de la surenchère politique, le sport favori qui a causé l’échec de précédents pourparlers. Faut-il voir dans cette grand-messe politique un retour à la raison du pouvoir malgache? Tout laisse à le penser, puisqu’un calendrier électoral a vu le jour hier 11 août 2010 au Centre de conférences international de Tana, où chefs de formation politique et associative ainsi que le pouvoir en place ont convenu d’un timing: les malgaches éliront leurs députés le 13 avril 2011 et le président de la République le 1er juin de la même année. Auparavant, fin août début septembre 2010, une conférence nationale servira d’exutoire à tous les septiques du pays. Question de faire retomber le soufflet et de combler le retard d’un pays qui n’en menait pas large économiquement. Y a-t-il un brin de sincérité chez les uns et les autres et surtout chez les tenants du pouvoir quant à leur adhésion à ce processus? Dans une certaine mesure oui, car les différents protagonistes sont conscients qu’il y a péril en la demeure. Ailleurs, pour moins que cette situation de ni pain ni mie à la malgache, certains militaires, qui ont cru avoir l’étoffe d’un Amadou Toumani Touré (Mali) ou d’un Ely Ould Vall (Mauritanie), sont entrés bruyamment dans l’Histoire. Même si la suite a été des plus pitoyables pour ces messies d’un autre genre. En clair, une éventuelle impasse fait le lit de coup d’Etat. Personne ne criera alors au scandale.



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