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Centrafrique: des ONG critiquent le rôle "trouble" de Deby

Elles sont opposées à la présence de soldats tchadiens au sein de la force africaine díintervention (Misca) qui va se déployer en Centrafrique

 

Plusieurs ONG, dont celle de défense des droits de líhomme Survie, ont critiqué jeudi 5 décembre à Paris le rôle "trouble" du président tchadien Idriss Deby en Centrafrique, regrettant que la France soit aujourdíhui son "obligée" en raison du soutien tchadien à líopération Serval au Mali. "La paix en Afrique ne doit pas se décider à líElysée avec des dictateurs", a affirmé lors díune conférence de presse Fabrice Tarrit, président de Survie, à la veille du sommet franco-africain à Paris sur la Paix et la sécurité en Afrique.

 


© lanouvellecentrafrique.info
Image d'illustration
A líinstar de plusieurs intervenants, M. Tarrit a relevé "la grande responsabilité díIdriss Deby dans la situation actuelle" de troubles prévalant en Centrafrique. Il a aussi relayé les témoignages díONG centrafricaines opposées à la présence de soldats tchadiens au sein de la force africaine díintervention (Misca) qui va se déployer en Centrafrique. Avec plus de 650 hommes, le contingent tchadien est le plus important au sein de cette force qui doit compter à terme 3.600 militaires. "En 2003, Idriss Deby a amené François Bozize au pouvoir, en 2013 il lía déstabilisé", a souligné Makaila Nguebla, un blogueur tchadien. Cet opposant, contraint à líexil et arrivé en France en juillet où il dit bénéficier de líasile politique, a dénoncé "le soutien (du président tchadien) à la Seleka", une coalition de rebelles qui a porté Michel Djotodia au pouvoir et renversé François Bozize en mars. La coalition a été dissoute mais les ex-Seleka sont accusés díexactions contre des civils, exactions qui ont suscité des représailles de milices villageoises, les victimes étant encore des civils.

Survie a critiqué "un jeu trouble" du Tchad en Centrafrique. "Bien que le Tchad ne soit pas officiellement impliqué, son influence en sous-main fait peu de doutes", affirme líONG pour qui la France a "un oeil tolérant" à líégard díIdriss Deby parce quíelle lui "est redevable de son soutien actif dans la guerre au Mali". Pour líopposant tchadien qui dénonce la répression de líopposition et de la presse au Tchad, "la France est devenue líobligée díun dictateur". Selon Fabrice Tarrit, "líopération au Mali a redonné de la crédibilité à Idriss Deby, alors que la répression des opposants tchadiens síest poursuivie, avec notamment de nombreuses arrestations au printemps.

Au sommet de líElysée, "dans la tradition des sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains seront représentés: le Tchadien Idriss Deby, le Camerounais Paul Biya, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaore et le Djiboutien Omar Guelleh, sans oublier les héritiers des régimes Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo", a aussi déploré Survie.

 



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