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La situation en Centrafrique devant le Conseil de sécurité

Dans le rapport qui doit être examiné ce lundi 25 novembre, Ban Ki-moon évoque « une situation qui a de fortes chances de se solder par des atrocités généralisées »

 

Huit mois après l'arrivée de Michel Djotodia au pouvoir à Bangui, l'absence de contrôle des ex-rebelles de la Seleka par les autorités de transition a créé une situation d'insécurité permanente et de peur généralisée en Centrafrique. L'exaspération a conduit au retour de milices d'autodéfense, les « anti-Balaka » (« anti-machette », en Sango, la langue nationale) qui, pour se venger des exactions, s'en prennent non seulement aux ex-rebelles, mais aussi aux populations musulmanes. En retour, la Seleka pratique une répression aveugle et disproportionnée. « Les signaux sont très inquiétants », explique Monseigneur Nzapalainga, l'archevêque de Bangui. Selon lui, dans la localité de Bokangolo, les milices d'autodéfense ont chassé tous les musulmans de leurs habitations. A Bohong, les Séléka avaient incendié les maisons des chrétiens et les avaient chassés en brousse. Zéré, est l'exemple d'une localité fantôme, vidée de ses populations par les vagues successives d'attaques et de représailles des Seleka et des anti-Balaka.

 


© un.org
La situation en Centrafrique devant le Conseil de sécurité
La tentation de la vengeance
Pour l'instant, les violences sont le fait des extrémistes. Mais la méfiance est en train de se répandre entre communautés. Les explosions de violence restent actuellement des phénomènes locaux, propres à certaines villes ou certains villages. Mais, sous l'effet de la colère et du désir de vengeance, ces explosions se multiplient. « Jíentends de plus en plus les Banguissois dire "Lawa Lawa" », s'inquiète un acteur de la société civile. En Sango, la langue nationale, « Lawa Lawa », cela signifie : « Tôt ou tard, on va se venger. » La recrudescence de la violence dans la capitale et líannonce díune prochaine instauration de couvre-feu obligent les Banguissois à changer leurs habitudes. Les Centrafricains appellent la Communauté internationale et la France à aider la Centrafrique à sortir de la situation qualifiée actuelle, comme a pu le constater le correspondant de RFI à Bangui.

Dans les rues, les bistrots ou les bureaux administratifs, on ne parle que de ça : la situation sécuritaire dans le pays, les exactions commises ces dernières semaines par des hommes de líancienne Seleka. Les Banguissois ont dû changer leurs habitudes, même les plus noctambules. « Notre comportement de vie a changé. Nous sommes vraiment dans líimpossibilité de manifester notre liberté, malgré que ce soit notre pays. Nous rentrions généralement à 23 h, minuit, mais maintenant à 18 heures nous sommes à la maison comme des petits enfants », explique un Banguissois au micro de RFI.

Face à cette insécurité permanente et aux risques d'explosions de violence intercommunautaires, les Centrafricains appellent l'ONU et les Français à intervenir. « Je demande à la communauté internationale de nous porter secours, pour arrêter cette situation, sinon notre pays risque de disparaitre de la planète », plaide ainsi un habitant de Bangui. « Je demande principalement à la France - parce que cíest elle qui nous a colonisés, donc elle maîtrise bien la terre centrafricaine - de mener une action de grande envergure, pour mettre hors díétat de nuire ces bandits de grand chemin que sont les éléments de la Seleka. » Au sein de la société civile, certains rappellent également que des milliers de personnes sont toujours en brousse, par peur des exactions de la Seleka ou des milices d'autodéfense. Une intervention, selon eux, est la seule solution pour venir en aide à ces populations.

 



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