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Bangui : Les pygmées de moins en moins protégés

Les conditions sociales dans lesquelles vivent les pygmées Aka, en Centrafrique restent encore déplorables malgré les multiples conventions signées

 

« Sauvageant », c'est le terme utilisé pour appeler un pygmée. Pour les bantous, les pygmées sont des sous-hommes. Ils ne sont pas leur égal. Les pygmées mènent vraiment une vie de misère, a mentionné Bejanski Senekian, juriste à la Maison de l’enfant et de la femme pygmée (MEFP), résidant dans la commune de Mbaéré, une localité à forte densité de pygmée. La MEFP est une structure nationale qui défend les causes et les intérêts des pygmées. Elle promeut le bien-être social, économique et culturel et encourager l’alphabétisation des enfants et des femmes pygmées. Urbain Gossy-Gonda, juriste à la MEFP et travaillant dans la commune de Molokoué dans la préfecture de la Lobaye déplore le fait que Les pygmées travaillent les plus souvent soit dans des sociétés forestières, soit chez des particuliers pour de modiques sommes. Pour toute une journée de travail, c'est à peine 250 francs CFA qu'on leur remette. Parfois ils sont payés par l'alcool de traite ou des habits usés.

 


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Les pygmées sont de moins en moins protégés
Selon le résultat d’une enquête publiée en 2011 par l’ONG COOPI, une structure italienne qui défend le droit des pygmées Aka en Centrafrique, 33,61% des AKA interviewés déclarent se trouver encore dans une condition de soumission. Ces difficultés sont liées aux différentes formes de discrimination et au manque d’accès aux services publics (centre de santé, école, municipalité (...). Les peuples autochtones Aka continuent toujours de subir, malheureusement, de discrimination dans ce pays, qui a pourtant ratifié la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT). Ils continuent toujours de souffrir de martyrs sur leurs droits, a confirmé Simon Pierre Ekondo Mindo, président de l’Association pour la défense des intérêts des Bayaka en Centrafrique (ADIBAC). La convention 169, hélas, n’est pas du tout appliquée. L’Etat centrafricain a signé et ratifié plusieurs lois sur la population autochtone, mais je n’ai vu aucun changement sur l’amélioration des conditions de vie des peuples Aka, a-t-il poursuivi. Dans les zones forestières, les pygmées Aka sont recrutés pour être, soit pisteur, soit pour couper des bois. Le tout pour un salaire de catéchiste. En cas d’accident, ils ne sont jamais pris charge.

Brice Séréckissy, coordonnateur national du projet UNIP/BIT en Centrafrique, reconnait que les pygmées Aka vivent une situation de discrimination, de marginalisation socio-économique et politique à tous les niveaux. « Tout cela est lié à leur culture et leur mode de vie qui est tout à fait différent de la majorité de la population et c’est cette diversité culturelle qui a fait qu’ils sont toujours à l’écart dans tout ce qui ce passe dans le pays. Contrairement aux autres interlocuteurs, Brice Séréckissi reconnait l’effort fournit du gouvernement pour améliorer la condition de vie des autochtones. « Ce sont des procédés politiques qui ont conduit à la ratification de la convention de 169, en 2010. La ratification de cette convention par la RCA, en 2010, marque la volonté politique des autorités centrafricaines à promouvoir le respect des droits des peuples autochtones ». Les pygmées AKA, il faut le savoir, sont une catégorie de personnes qui vivent dans la forêt dense de Centrafrique, au sud du pays. Ces peuples font partie des minorités. Ils sont aussi appelés des peuples indigènes et tribaux.

 



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