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RCA: cíest reparti pour un nouveau cycle de violence

Des ex-rebelles pillent et incendient une centaine de maisons dans des villages de líOuest

 

Des hommes armés issus de líex-coalition rebelle Séléka, qui a mené le coup díEtat contre François Bozizé, ont pillé et incendié vendredi une centaine díhabitations dans deux villages de líouest du pays, ont indiqué des sources militaires africaines ce lundi. Il síagit du village de Vacap et une partie du village Yongoro, situé à environ 400 km au nord-ouest de Bangui. "Tous les biens des villageois sont brûlés. Ces derniers sont tous en brousse", a déclaré sous couvert díanonymat un officier de la force africaine en Centrafrique (Misca), sans faire état de morts ou de blessés. Díaprès un témoin, qui síest confié, "il était 11H00 (10H00 GMT) lorsque ces ex-Séléka ont fait irruption dans notre village. Ils ont commencé par tirer en líair, ont cassé les portes des maisons, ont pillé nos biens avant de mettre le feu aux maisons". Amnesty International décrit dans un rapport publié le 28 Octobre des «violations des droits de l'homme sans précédent» commises par ces forces.

 


© africatime.com
Des ex-rebelles pillards!
Le climat dans la capitale, Bangui, est tendue
Les gens qui vivent dans des quartiers comme Boy rabe, considérés comme étant pro - Bozizé, sont toujours à l'affût depuis les derniers combats qui ont éclaté en Août, lorsque les éléments de Séléka ont envahi la localité pour, disent-ils, chercher des armes. Plusieurs personnes ont alors été tuées et des milliers ont dû fuir. Beaucoup sont par la suite revenues, mais elles continuent de vivre dans la peur. Les incidents entre civils et membres de líex-Séléka intégrés dans líarmée se multiplient, de même que les bavures. Amnesty ajoute dans son rapport: «Le désespoir de la population est plus profond que jamais en raison des violations persistantes et généralisées des droits de l'homme, qui peuvent constituer des crimes de guerre et crimes contre l'humanité».

Le président Djotodia rassure
Et pourtant, le président par intérim Michel Djotodia a tenté de rassurer la communauté internationale en annonçant la dissolution de la coalition rebelle qui l'a mis dans au pouvoir.
La plupart des ex-rebelles ont été officiellement désarmés et cantonnés dans des casernes militaires. Cependant, beaucoup croient que la mesure prise par le président est plus symbolique qu'autre chose, et que les anciens membres de Séléka, qui composent la majorité de l'armée actuelle, continuent leurs exactions contre les populations civiles. Face à ces multiples exactions, des groupes díauto-défense se sont créées, notamment à líOuest et dans le Nord-Ouest, pour faire face aux ex-rebelles, mais aussi pour síen prendre aux Musulmans, une communauté dont sont issus la majorité de éléments de Séléka. Ces groupes «anti- balaka» sont aussi accusés de commettre des violations graves des droits de líhomme.

Aujourdíhui, le glissement du conflit centrafricain vers le terrain religieux inquiéte les chefs des deux communautés qui ont mené, ensemble, des tournées pour sensibiliser les populations.
Imam Omar Kobine, président de la Communauté islamique de Centrafrique, accuse les politiciens de chercher à manipuler les populations «en instrumentalisant la religion». Pour sa part, líarchevêque de Bangui dénonce les exactions contre les civils et appelle les autorités de la transition à être ferme envers «ceux qui braquent leurs armes contre les civils».

Sur le plan humanitaire, le travail a été rendu plus difficile par les dernières violences à Bossangoa et à Bouar. Les Nations-Unies estiment les besoins urgents à trois millions de dollars alors que le pays compte environ 400.000 déplacés internes depuis le 24 mars, date de la prise de pouvoir par Miche Djotodia. Sur le plan économique, le pays tourne au ralenti avec le départ de beaucoup díinvestisseurs

 



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