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Centrafrique: Fidèle Gouandjika défie le duo Djotodia-Tiangaye

Dans un entretien, il laisse entrevoir la perspective d’une déclaration de candidature à la présidentielle 2015

 

Plus de six mois après la chute d’un régime dont il a été un membre puissant, Fidèle Gouandjika actuellement en exil en Roumanie, a laissé entrevoir la perspective de se déclarer candidat à l’élection présidentielle de 2015 en Centrafrique. En plus, ce dernier a comparé la gestion du pouvoir sous le régime Bozizé à celle d’actuel avec le duo Djotodia-Tiangaye.

M. le ministre, quelle est votre lecture de la situation en Centrafrique après la chute du régime de Bozizé dont vous avez été membre?
La RCA est passée d’un état civilisé, respectueux des droits humains, à un non état où l’anarchie règne sur l’ensemble du territoire malgré l’existence d’une charte constitutionnelle. Le pays est dirigé par deux personnalités inaptes à la fonction de chef d’état et de chef de gouvernement. La différence entre les six derniers mois du régime du couple Bozizé-Touadéra malgré les multiples rébellions et les six premiers mois de la gouvernance chaotique des deux apprentis politiciens sans rébellions est comme midi et minuit. Il est important de souligner ici et maintenant que la chute du régime KNK n’est pas due à une mauvaise gouvernance économique mais à un complot dont les principaux instigateurs et complices regrettent amèrement aujourd’hui. Les indicateurs macroéconomiques enregistrés du 30 juin 2005 au 31 décembre 2012 en témoignent (FMI, Banque Mondiale, BAD, UE, ASNU, BEAC). Je mets quiconque au défi pour me prouver le contraire. Jusqu’à la fin du mois d’août 2013, je pouvais encore féliciter et encourager les principaux dirigeants de la transition consensuelle à mieux faire. Je pensais sincèrement qu’en un temps relativement court ces deux personnalités allaient s’améliorer et maîtriser les gouvernails du pays tant convoités par eux et leurs complices (FARE et terroristes armés) depuis la nuit des temps, mais hélas ,ça n’était que peine et encre perdus! Le résultat est la terreur, la désolation totale, la mort partout, un véritable enfer…

 


© journaldebangui.com
Fidèle Gouandjika, ancien ministre
Quelle serait selon vous la porte de sortie pour le peuple centrafricain?
- La dératisation urgente de la République Centrafricaine avec l’aide de certains pays amis sous mandat de l’ONU.
- La nomination des nouvelles autorités préfectorales, sous préfectorales et communales ainsi que les chefs des régions militaires parmi les hauts fonctionnaires ayant au moins une expérience de cinq années dans les différents corps de la fonction publique centrafricaine et des FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES (FACA).
- L’organisation des élections générales dictées par les accords de la CEEAC dont les délais et les restrictions sont consignés dans la charte constitutionnelle de la transition et qui ne doivent absolument pas faire objet d’une quelconque négociation.
- L’organisation d’une conférence nationale inclusive entre les vraies filles et vrais fils de la Patrie (forces vives de la nation) dont les recommandations fortes seront scrupuleusement suivies par le parlement élu à l’issue des élections législatives de 2015.

Vous vous êtes annoncé comme candidat à la présidentielle de 2015. Le confirmez-vous?
Oui je veux être le prochain président de la nouvelle République Centrafricaine.

Quelles sont vos motivations?
Je prône la construction d’une nouvelle République Centre Africaine (RCA) en rupture totale avec les pratiques du passé. Veuillez bien noter qu’il ne s’agit pas d’une reconstruction mais plutôt d’une CONSTRUCTION. Notre Patrie devra être souveraine et indépendante vis-à-vis de tous les pays du monde et de ce fait traitera d’égal à égal avec toutes les nations membres de l’ONU. Elle devra rapidement être un pays démocratique, économiquement fort et tourné vers l’avenir. Je n’accepte plus l’exploitation de notre nation par une autre nation.
Notre pays a suffisamment été pillé par les puissances étrangères avec la complicité des multinationaux et les fossoyeurs de la démocratie. Il faudra bien que cette pratique qui perdure encore cesse définitivement. Le contrôle, l’exploitation et la gestion des richesses naturelles de notre Patrie doivent nous revenir sans délai. Nous disposons des ressources humaines compétentes, de part le monde, qui sont capables de relever le défi. Et je m’emploierais à ce que cela soit possible. Notre peuple, longtemps brimé et martyrisé et qui vit dans une misère indescriptible depuis plus d’un siècle doit, dès notre accession à la magistrature suprême de l’état, aspirer à des meilleures conditions de vie et d’existence.
Nous n’acceptons plus de vivre pauvrement sur une mine d’or qui n’a toujours profité qu’à nos tortionnaires et bourreaux.

 


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Fidèle Gouandjika, candidat déclaré?
Vous avez été un membre puissant du KNK. Vous présenterez-vous sous cette bannière?
J’étais peut être un puissant ministre mais pas un membre puissant du KNK. J’étais plutôt un Bozizeiste convaincu. Le KNK est un jeune parti politique créé de toute pièce en 2009. Je me présente à l’élection suprême en tant que candidat indépendant avec mon slogan de tout les temps « I YEKE MOU NDO KOUE »

Des Anti-Balaka tiennent tête aux forces de sécurité en Centrafrique et des politiciens se présentent derrière ou soutiennent cette révolution pourtant paysanne. Quel en est votre point de vue?
Je ne sais à quels politiciens vous faites allusion. Nous les politiciens, sommes des véritables lâches, poltrons, opportunistes et ingrats. Avez-vous vu un des enfants de ces politicards dans les rangs de ces vaillants ANTI BALAKA? Les opportunistes ne tarderont pas à sauter sur pareil occasion en cas de d’une éventuelle victoire des ANTI-BALAKA pour revendiquer la paternité du mouvement. Ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir, surtout du côté de l’ex-opposition démocratique (FARE). N’ont-ils pas profité de l’occasion de la victoire de la seleka pour se tailler la part du lion? Il leur est difficile aujourd’hui de revenir sur leur discours internationalement radio télévisés des premiers jours de la victoire de Monsieur Djotodia sur le démocratiquement élu. Avez-vous observé un seul deuil, d’un de leur fils militaire tombé sur le champ d’honneur, dans le foyer de ces prédateurs nommés «leaders démocratiques». Pendant que les vraies filles et vrais fils de la Patrie sont violés, torturés et exécutés à ciel ouvert, Nos gentils leaders politique et opposants démocratiques sont entrain de conférer dans les salles de conférence climatisées de l’hôtel Leager plazza, de voyager en classe affaires pour faire les m’as-tu-vu dans les capitales européennes et prendre des photos en couleur avec des personnalités d’autres partis politiques… Ils murmurent dans le cœur la victoire rapide des ANTIBALAKA sur la séléka avec qui ils mangent pourtant ensemble, pendant que ces pauvres paysans meurent tous les jours pour la libération de la Patrie dans la plus grande indifférence de la communauté internationale.

Soyons sérieux!
La révolte des ANTI-BALAKAS est pour moi l’expression de l’énergie du désespoir qui sort d’un homme qui n’a plus autre chose à défendre que sa propre vie. On appelle cela de l’instinct de conservation. Mais attention l’amplification du mouvement et sa généralisation sur l’ensemble du territoire peuvent se transformer en une révolte populaire avec des conséquences incalculables. Cela pourrait être bien le début d’une guerre civile qui s’annonce déjà. C’est pourquoi il est urgent que le Secrétaire Général des Nations Unies prenne impérativement ses responsabilités pour arrêter ces tueries de part et d’autre afin d’éviter le pire…


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