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Centrafrique: le général Moussa Assimeh de la Séléka quitte Bangui

Birao ou le soudan? Ce militaire soudanais, chef de guerre qui a participé à la prise du pouvoir par la Seleka a quitté le pays avec une dizaine de fidèles

 

Le général Moussa Assimeh, l’un des chefs militaires rebelles ayant aidé Michel Djotodia à renverser le pouvoir de François Bozizé le 24 mars, a quitté la base des sapeurs-pompiers centrafricains qu’il occupait depuis l’entrée de l’ex-rébellion de la Séléka à Bangui, pour s’installer à Birao (nord), a annoncé dimanche son porte-parole, le colonel Hassabarassoul Moussa. “Le général Moussa Assimeh veut la paix, c’est pourquoi il a opté de quitter Bangui afin de s’installer dans son village natal vers Birao”, a précisé son porte-parole. A l’en croire, le chef militaire rebelle, qui avait joué le rôle de l’aide de camp de Michel Djotodia, a décollé de l’aéroport de Bangui-Mpoko dimanche matin à bord d’un avion spécial militaire mis à sa disposition par le président de la transition, accompagné de 15 éléments de sa garde.

Il est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

 

Le général Moussa Assimeh, qui se réclame toujours de nationalité centrafricaine, est présenté comme un ancien colonel soudanais au Darfour, vaste province occidentale du Soudan en proie à un long conflit armé avec le pouvoir de Khartoum. Il est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Selon l’un de ses proches joint au téléphone, c’est depuis novembre 2012 qu’il a rejoint la coalition Séléka. Michel Djotodia lui avait confié la responsabilité des opérations de désarmement et de réquisition des véhicules volés par les ex-éléments de la Séléka dans la ville de Bangui. Mais, il était perçu par beaucoup comme un facteur de déstabilisation. Les descentes du général Moussa et ses hommes dans certains quartiers de Bangui finissaient souvent en pillages et exactions. Depuis des mois la force d’Afrique centrale (Fomac) demandait son départ. Les autorités de transition souhaitaient également le voir partir, tout en le ménageant. Au début du mois, le général Moussa Assimeh avait même été décoré pour sa participation aux opérations de désarmement à Bangui. Cérémonie lors de laquelle il fut élevé au grade de commandeur de l'ordre national de la reconnaissance centrafricaine.

Selon les observateurs de la scène politique centrafricaine, cette décision pour cet homme fort du régime Djotodia de quitter Bangui était prévisible, car, c’est depuis longtemps que les Centrafricains et les soutiens extérieurs du nouveau régime comme la France réclamaient son rapatriement et ses hommes vers le Soudan, avec la mise à l’écart d’autres chefs de guerre jugés gênants pour la mise en œuvre du processus de pacification du territoire national et de réconciliation nationale. Aujourd'hui, ses éléments ont quitté la capitale. Selon la présidence, ils seraient tous repartis au Soudan, mais une autre source indique qu'une partie d'entre eux se trouveraient à l'intérieur du pays

Arrangement financier?
Alors qu'est ce qui a décidé le général Moussa à partir, a-t-il touché de l'argent ? «Non», répond la présidence centrafricaine qui jure qu'il n'y a eu «aucune contrepartie» à ce départ. Une source bien informée parle de pressions des Etats de la sous-région qui se seraient accrues ces derniers temps. A la présidence on confirme par ailleurs que le cas Moussa a été brièvement évoqué lors de la visite de Laurent Fabius à Bangui, il y a huit jours.

 



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